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Chapitre 2 : Les ETF à réplication physique et synthétique

Chapitre 2 : Les ETF à réplication physique et synthétique

Sommaire

Chapitre 1 : Les indices
Chapitre 2 : Les ETF à réplication physique et synthétique
Chapitre 3 : Les ETF obligataires, sur contrats à terme et à effet de levier
Chapitre 4 : Les risques - la liquidité, le tracking error, les coûts et comment choisir un ETF
Chapitre 5 : Construction d'un portefeuille d'ETF et exemples de stratégies.

Introduction

Dans ce chapitre de ma série, je vais enfin parler des Exchange Traded Funds (ETF, fonds cotés en bourse). Avant cela, il faut que j’explique comment fonctionnent les marchés financiers pour que vous compreniez les mécanismes principaux de façon simplifiée (je n’irai pas profondément dans les détails, juste ce qui est nécessaire pour comprendre le sujet). Ensuite je parlerai rapidement des fonds indiciels non cotés et je viendrai au sujet principal, les ETF. Je distinguerai les deux méthodes principales de réplication ainsi que les variantes et les nuances. En dernier lieu j’aborderai les ramifications systémiques des ETF. Je pars du principe que je parle à quelqu’un qui a une vague idée de comment fonctionne la finance de marché et je me limiterai aux marchés d’actions, je risque de lancer beaucoup de termes et je vous invite à me poser des questions dessus ou à creuser vous-mêmes. Je préviens d’emblée que je ne dirai pas tout ce qu’il y a dire sur les risques des ETF dans ce post et que le quatrième chapitre complètera toutes les informations qui manqueront dans celui-ci.

Marchés primaires et marchés secondaires d’actions

Afin de comprendre vraiment la différence entre un fonds d’investissement classique et un ETF, je pense qu’il est nécessaire d’avoir à l’esprit le fonctionnement des bourses d’actions.
Pour rappel, une entreprise a deux sources principales de financement long-terme, les capitaux propres appartenant aux actionnaires et la dette financière. Les actionnaires ont un contrôle sur les revenus générés par l’entreprise après que toutes les charges sont imputées (le résultat net) et les éventuelles recettes de la liquidation de l’entreprise une fois tous les créanciers remboursés (fournisseurs, administration fiscale, personnel, banques, détenteurs d’obligations…). Ils peuvent aussi voter lors des conseils d’administration pour par exemple choisir les directeurs ou bien se verser un dividende si l’entreprise a la trésorerie qu’il faut et si l’entreprise a généré plus de bénéfices résiduels que de pertes depuis sa création. Tous les bénéfices résiduels qu’ils ne se versent pas en dividende sont réinvestis dans l’entreprise. Une action est une fraction de ce droit et les entreprises peuvent en avoir des milliers ou des milliards.
Le marché primaire des actions est le marché où les entreprises cherchent à se financer en créant ex nihilo de nouvelles actions, qu’elles vont vendre pour lever des fonds, ce qu’on appelle une émission d’actions. Pour les entreprises non cotées, les émissions d’actions se négocient la plupart du temps au gré-à-gré entre particuliers ou bien avec des fonds de capital investissement (j’ai écrit un post à ce sujet). Pour les entreprises cotées ou sur le point d’être cotées (IPO), cela se fait avec des ventes aux enchères, et en fonction de la quantité de capital engagé par les participants de l’enchère, chaque participant repart avec un certain nombre d’actions à un prix qui reflète l’offre et la demande. Investir sur le marché primaire c’est directement investir dans le capital de l’entreprise.
Le marché secondaire permet à quelqu’un qui n’a pas participé à ces enchères d’acheter les actions de l’entreprise et à un actionnaire existant de revendre ses actions sans que l’entreprise soit directement impliquée. Il y a différentes manières d’organiser un marché secondaire, mais il est par exemple possible pour une banque d’animer un marché (market making), c’est-à-dire de faire en sorte que ses clients puissent acheter ou vendre des actions instantanément. La banque détient d’un côté des liquidités et de l’autre des actions d’entreprises et propose d’acheter des actions à un prix (le bid) ou de vendre des actions à un prix un peu plus élevé (l’ask), plus la différence entre les deux est grande, plus la banque gagne de l’argent quand des participants achètent ou vendent des actions. Les participants de ces marchés exécutent des ordres au marché, c’est-à-dire qu’ils spécifient seulement le nombre d’actions qu’ils veulent acheter ou vendre, c’est l’animateur de marché qui fixe les prix. L’avantage de ce marché est qu’il peut fonctionner à n’importe quel moment de la journée et de la semaine, mais il est relativement opaque.
Une autre façon de structurer un marché secondaire c’est de le diriger par les ordres des participants, c’est-à-dire que des acheteurs et des vendeurs proposent continuellement des prix d’achat et de vente. Les participants font des ordres à cours limité, c’est-à-dire qu’ils font des ordres où les acheteurs spécifient le prix maximal qu’ils sont prêts à payer pour un certain nombre d’actions et les vendeurs le prix minimal auquel ils veulent vendre leurs actions, les vendeurs et les acheteurs qui feront les meilleurs prix seront les premiers servis. Ce genre d’enchère offre de la transparence mais fonctionne surtout en rassemblant assez d’acheteurs et de vendeurs en même temps, d’où l’intérêt d’avoir des heures d’ouverture et de fermeture pour les marchés dirigés par des ordres.
Les bourses contemporaines fusionnent ces deux systèmes pour maximiser la liquidité des actions, c’est-à-dire la facilité et la rapidité avec laquelle on peut acheter ou vendre des actions au meilleur prix et ainsi des gros acteurs font de l’animation de marché en bourse. Dans ce genre de système, acheter ou vendre de grosses quantités d’actions avec un ordre au marché influence les prix, ce que je vais illustrer avec un exemple simple. Imaginons une action où il y a 3 ordres d’achat et de vente à cours limité et que je cherche à acheter 100 actions avec un ordre au marché. Je vais recevoir les 100 actions les moins chères en vente actuellement avec un prix légèrement supérieur à l’ask (ici 102,5 euros par action). Cela va déplacer l’ask vers le haut et le prix de l’action augmentera aussi.

Le marché avant et après l'ordre au marché, le prix passe de 100 à 102
Pour résumer il faut donc comprendre la distinction entre marché primaire et secondaire, la notion d’animation de marché et de marché dirigé par des ordres et enfin l’effet sur les prix qu’ont les ordres au marché, ces concepts prendront tout leur sens quand je parlerai des risques et des coûts liés aux ETF dans le quatrième chapitre.

Les fonds communs de placement, les fonds indiciels non cotés

Avant de parler des fonds indiciels cotés, je vais parler de ceux qui ne le sont pas pour que vous puissiez comprendre la différence.
Traditionnellement, pour répliquer un indice boursier, on utiliserait, entre autres, un type de fonds d’investissement appelé fonds commun de placement (FCP ou Mutual Fund en anglais), qui a pour particularité de donner aux détenteurs de ses actions un statut de copropriétaire des actifs détenus par le fonds. Il est géré par une société de gestion qui elle-même n’est pas propriétaire des actifs, ce qui diffère d’une société d’investissement à capital variable (SICAV) où les détenteurs des actions du fonds sont actionnaires, votent au conseil d’administration et ne détiennent pas les actifs. Cela veut dire que si la société de gestion disparaît, les détenteurs de parts du fonds peuvent récupérer leur argent sans que la société puisse se servir de leurs actifs pour éponger ses propres dettes. Soit dit en passant, les FCP et les SICAV sont deux types d’OPCVM (Open-end fund en anglais).
Ce qu’on appelle la valeur liquidative (Net Asset Value, NAV) d’une part de FCP est la valeur théorique d’une part du fonds. Quand un nouvel investisseur veut investir dans un FCP qui n’est pas coté, le FCP créera de nouvelles actions et les échangera contre le cash de l’investisseur en fonction de la NAV du jour. Si l’investisseur sort du fonds, alors ses parts seront détruites et l’investisseur récupérera une somme équivalente à la NAV de ses parts le jour de la vente. L’avantage de ce système est qu’il est facile (en théorie) pour un investisseur de rentrer et de sortir du fonds, sans avoir à passer par un marché secondaire, tout se fait sur le marché primaire avec la société de gestion.

Equation de la valeur liquidative
Le gros problème de ce système est que le fonds doit avoir à disposition assez de liquidités tous les jours pour pouvoir rembourser les investisseurs qui veulent sortir, et le fonds doit acheter et vendre lui-même les actions en bourse en fonction des entrées et des sorties, ce qui engendre des frais de transaction et des impôts sur les plus-values. Cela diminue conséquemment la rentabilité du fonds, ce qui se transforme probablement en des frais non-négligeables pour les investisseurs, soit sur les encours, soit à l’entrée ou à la sortie du fonds.
Seulement une partie de l'argent investi sert à acheter des paniers de l'indice dans le modèle non-coté

Les ETF à réplication physique

Les ETF à réplication physique fonctionnent essentiellement sur le principe qu’au lieu de créer des parts contre du cash et ensuite investir une partie du cash dans l’indice comme le font les fonds indiciels non cotés, ils créent des parts uniquement quand on leur délivre un panier d’actions correspondant à l’indice qu’ils suivent, ce qu’on appelle un « creation unit ». Cet acte se nomme « souscription » en français. Ces paniers contiennent généralement des dizaines de milliers d’actions de l’indice et sont échangeables contre des dizaines de milliers de parts de l’ETF. Une société de gestion qui crée un ETF doit donc trouver des animateurs de marché (souvent des banques d’investissement) avec assez de capital pour pouvoir constituer ces paniers tous les jours et les revendre à des investisseurs intéressés par l’indice suivi, on appelle ces animateurs de marché les participants autorisés (AP).
Une analogie est que l’ETF est un commerçant de gros et les AP sont à la fois les fournisseurs de l’ETF et ses détaillants. Si un AP a assez de clients qui veulent acheter des parts de l’ETF, il va constituer un panier, l’échanger contre quelques milliers de parts de l’ETF et revendre les parts à ses clients. L’opération inverse existe aussi, on l’appelle « redemption » ou « rachat » en français et elle consiste à rassembler assez de parts de l’ETF pour pouvoir récupérer un panier qui correspond à l’indice, panier qui s’appelle alors « redemption basket ». Ainsi, si l’AP a assez de clients qui vendent leurs parts de l’ETF, il va rassembler les parts provenant de ses clients et s’en servir pour racheter un panier d’actions de l’indice. Les AP peuvent faire ces opérations seulement à des moments précis de la journée et il faut souligner qu’en Europe les ETF à réplication physique préfèrent prendre du cash aux AP plutôt que des paniers d’actions et acheter les actions eux-mêmes et font payer un supplément aux AP pour les frais de transaction.
Comme le nom l’indique, l’ETF est lui-même coté en bourse, ce qui permet entre autres de mettre en compétition plusieurs AP pour que les investisseurs puissent acheter et vendre leurs parts au juste prix, en plus des AP, d’autres acteurs institutionnels n’ayant pas le droit de faire des souscriptions ou des rachats peuvent faire de l’animation de marché pour l’ETF. Sans aucun AP, rien n’empêcherait que le prix des parts de l’ETF puisse dévier de la NAV (la valeur de l’indice dans notre cas) au gré de la demande des investisseurs, vu que l’ETF est coté en bourse, mais le processus de « creation/redemption » (souscription/rachat) donne une incitation financière aux AP de faire en sorte que l’ETF suive l’indice.
Si par exemple plein d’acheteurs font des ordres au marché sur l’ETF, et que le prix de son action dépasse la NAV, on dit que l’ETF se vend à « premium » par rapport à l’indice. Mettons-nous dans une situation imaginaire où la NAV est à 100 euros et le prix d’une part du fonds est à 102 euros. Imaginons qu’un AP estime qu’en vendant 50 000 parts de l’ETF (qui correspondent à un panier de l’indice) le prix de l’ETF va redescendre à la NAV, il va donc emprunter ces 50 000 parts de l’ETF à une banque ou un fonds, les vendre immédiatement pour plus ou moins 102 euros l’unité et racheter un panier avec ce cash pour environ 5 millions d’euros. Cela va faire redescendre le prix de l’ETF à la NAV. A la fin de la journée il va pouvoir échanger son panier contre 50 000 parts, qu’il va rendre à la banque ou au fonds auquel il les a empruntés. Il réalise donc un profit de (102 – 100) * 50 000 = 100 000 euros (sans compter les frais de transaction, l’impact sur les prix, la liquidité et le coût de l’emprunt de titre).
Si le prix de l’ETF est en-dessous de la NAV, on dit que l’ETF est à un « discount » et l’AP fera la transaction inverse pour que le prix remonte à la NAV. On appelle ce genre d’opération un arbitrage et les AP ont intérêt égoïste à attendre le plus longtemps possible pour corriger le prix, car cela a un coût et des risques pour eux, les mettre en compétition sert donc à les obliger à réaliser ces opérations plus régulièrement. En faisant ces opérations les AP influent directement sur l’indice et font que le prix de l’ETF le suive.
Cette opération de « creation/redemption » a un intérêt d’un point de vue fiscal car quand l’ETF crée des parts et reçoit un panier, il inscrit dans ses comptes la valeur à laquelle il a obtenu ces parts, ce qui va constituer son prix de revient unitaire (PRU) que regarde l’administration fiscale. Si un AP vient rendre un panier, l’ETF va lui rendre les actions avec le plus faible PRU de son inventaire, ce qui veut dire que si l’ETF est obligé de vendre des actions, son PRU partira de plus haut donc les plus-values seront moins taxées par l’administration fiscale. Par ailleurs vous noterez qu’en temps normal l’ETF n’est pas obligé de vendre des actions en fonction des entrées et des sorties, vu qu’il rend les paniers aux AP, ce sont les AP qui endossent les coûts de transaction et l’ETF n’a pas à détenir de liquidités qui pèseraient sur sa rentabilité.
Le dernier élément crucial pour comprendre un ETF à réplication physique est le prêt de titre. Comme l’ETF a en général la capacité de conserver des actions pour très longtemps et qu’elles ne servent pas à grand-chose à l’intérieur de l’ETF, la société de gestion va prêter temporairement des titres à des vendeurs à découvert, qui parient sur la baisse des cours des actions détenues par l’ETF. En général, un ETF peut prêter au plus la moitié de ses actions à la fois et typiquement ça se situe à peu près 20% des actions du fonds à un moment donné. Ces prêts de titres sont complètement garantis par des actions ou des obligations liquides ou du cash en collatéral et l’ETF reçoit une commission pour le risque qu'il prend.
Schéma complet, il faut cependant noter que les AP ne sont pas les seuls animateurs de marché et qu'ils ne se procurent pas forcément les actions en bourse
Le prêt de titre peut introduire du risque de contrepartie, c’est-à-dire un risque de perte de NAV de l’ETF qui ne serait pas lié à l’indice sous-jacent, si deux choses se produisent en même temps. Si le collatéral perd de la valeur et si le vendeur à découvert ne peut pas rendre les actions qu’il a emprunté, alors l’ETF perdrait de la NAV. Le prêt de titre permet à l’ETF de diminuer drastiquement ses frais de gestion voire même dégager des bénéfices supplémentaires si les actions du fonds sont très demandées par les vendeurs à découvert. Des chercheurs ont montré que certains gestionnaires d’ETF surpondéraient les actions les plus demandées par les vendeurs à découvert par rapport aux indices suivis, ou pouvaient les prêter à prix cassé à leurs sociétés mères, ce qui indique qu’il y a un possible conflit d’intérêt entre les gestionnaires et les détenteurs de parts des ETF à réplication physique.
Certains gestionnaires d’ETF préfèrent ne pas répliquer l’indice intégralement car certaines actions qui les constituent ont une part trop petite de l’indice pour que leur inclusion soit significative. Certains gestionnaires vont également décider d’exclure ou de sous-pondérer les actions qui peuvent être coûteuses à se procurer, si la différence entre leur bid et leur ask est grande, on dit que ces ETF font de la réplication échantillonnée. Certains gestionnaires vont aller encore plus loin et introduire de la gestion active et surpondérer ou sous-pondérer certaines entreprises en fonction des prévisions de leurs analystes voire carrément (pour une minorité d’entre eux) introduire des produits dérivés à effet de levier certains jours s’ils pensent que le prix d’une entreprise va grandement fluctuer, afin de pouvoir spéculer dessus. Ces ETF à gestion active ont souvent des frais d’analystes en plus et prennent des frais sur encours supérieurs, et sont naturellement plus risqués.

Les ETF à réplication synthétique

L’autre grande catégorie d’ETF sont les ETF à réplication synthétique. L’idée derrière ces ETF est qu’au lieu de demander à des AP d’apporter les actions de l’indice, on leur demande d’apporter directement du cash à l’ETF, que ce dernier utilisera pour acheter des paniers d’actions liquides auprès d’une banque d’investissement. Par-dessus cela, la banque d’investissement versera les éventuelles plus-values et dividendes de l’indice que l’on cherche à répliquer à intervalles réguliers, tandis que l’ETF versera les plus-values et dividendes des actions qu’il a acheté auprès de la banque partenaire avec une commission supplémentaire appelée « swap spread ». Le gros avantage de cette méthode est que les AP ne doivent plus s’embêter à acheter ou vendre à découvert des paniers et quand ils ont envie de faire un arbitrage entre la NAV du fonds et le prix de l’ETF, ils vont tout simplement apporter ou retirer du cash auprès de l’ETF contre des parts, ce qui a pour avantage de faire en sorte que les ETF suivent beaucoup mieux leur NAV, en moyenne 5 fois plus précisément que les ETF à réplication physique. Il est à noter que parfois les ETF préfèrent conserver le cash des AP, plutôt que d’acheter le panier de collatéral à la banque partenaire, et faire comme s’ils détenaient ces paniers.
On appelle le fait d’échanger les plus-values et dividendes d’un panier d’actions contre un autre un « Total Return Swap » (TRS) et les ETF qui suivent ce modèle sont dits « unfunded ». Pour illustrer comment cela fonctionne, imaginons que j’ai 10 actions de Total SA qui valent 30 euros l’unité et que je rentre dans un TRS avec mon ami qui lui détient une part de LVMH à 300 euros. On décide que tous les 3 mois on s’échangera nos rendements et que je dois un swap-spread de 4% par an. 3 mois plus tard, Total verse un dividende de 1 euro par action et l’action vaut maintenant 30,50 euros. LVMH n’a pas versé de dividende et vaut 295 euros. Je dois donc (plus-value + dividende) * nombre d’actions + swap spread à mon ami, à savoir (0,5 + 1) * 10 + 300 * 4% * 3/12 = 18 euros. J’ai fait 300 * 4% * 3/12 car je paye uniquement la commission du trimestre, sur la valeur de départ du swap. Mon ami me doit -5 euros vu que LVMH a fait une moins-value, donc au total je dois à mon ami 23 euros. Ainsi, tant que mon ami et moi sommes solvables, c’est comme si je détenais une action LVMH et lui détenait 10 actions de Total grâce à ce swap.
Schéma du TRS, dans le processus de rachat, les AP récupèrent du cash au lieu de paniers de l'indice
Une variante d’ETF synthétiques sont les modèles « funded », qui ne fonctionnent pas vraiment avec un swap. Dans ce modèle, les AP donnent aussi du cash à l’ETF contre de nouvelles parts, et l’ETF s’en sert pour acheter des billets structurés à capital non garanti à la banque partenaire, qui va quant à elle déposer du collatéral dans un compte chez une tierce partie. Un billet structuré est un type de titre hybride qui au lieu de verser un coupon, verse le rendement d’un indice, à savoir dans notre cas de les plus-values et dividendes de l’indice que l’on cherche à répliquer. Si les AP viennent rendre des parts, l’ETF récupère du cash à partir du collatéral chez la tierce partie et le donne aux AP. Si la banque fait faillite, en théorie, la tierce partie devrait donner tout le collatéral à l’ETF. Il faut cependant faire très attention à ce que l’ETF n’ait pas à faire de démarches judiciaires pour récupérer le collatéral en cas de défaut de la contrepartie. Ces modèles ont tendance à être assez opaques et je ne les recommanderais pas, personnellement, si vous craigniez le risque de contrepartie.
Modèle funded en simplifié, en résumé, c'est comme acheter de la dette structurée à une banque avec une garantie
Une grosse critique qui est formulée à l’encontre des banques d’investissement qui pratiquent des swaps avec des ETF est qu’elles se servent de ces ETF pour se débarrasser les actifs qui sont contraignants pour elles en les vendant comme collatéral. Les accords de Bâle ont introduit des contraintes sur les capitaux des banques : pour faire simple, si une banque détient un actif risqué, elle doit aussi détenir du capital de bonne qualité comme des obligations d’Etat pour compenser. Cette hypothèse n’est pas contredite par la recherche. Par ailleurs, les swaps introduisent un certain risque de contrepartie pour les détenteurs des parts de l’ETF si la banque d’investissement fait faillite et qu’en même temps le panier d’actions que détient l’ETF en collatéral perd de la valeur par rapport à l’indice que l’on cherche à répliquer. Une autre critique est que les sociétés de gestion des ETF en Europe tendent à faire des swaps avec les banques dont elles sont les filiales, ce qui est interdit aux Etats-Unis. Elles le justifient en citant des swap spreads moins importants, entre autres.

Détails généraux

A la fois pour les ETF à réplication physique et les ETF à réplication synthétique, la question du collatéral est importante car elle détermine l’exposition au risque de contrepartie. Ce que montre la recherche est que ces deux catégories d’ETF ont tendance à être surcollatéralisées d’environ 8-10% en moyenne, ce qui veut dire qu’en cas de défaut des contreparties, que ce soient les vendeurs à découvert ou bien les partenaires de swap, la NAV ne pourrait pas perdre de la valeur dans ce cas de figure. Bien sûr, en fonction du collatéral, cela peut changer à tout moment et dans l’idéal le collatéral devrait être fortement corrélé avec l’indice suivi car si la contrepartie fait défaut, alors notre collatéral ne devrait pas avoir une NAV trop différente de l’indice que l’on suit. Si l’on a envie de vraiment pousser l’analyse d’un ETF très loin on cherchera le degré de corrélation entre le collatéral et l’indice. Le degré de risque de contrepartie est quand-même naturellement plus élevé pour les ETF synthétiques, car le collatéral représente toute la valeur du fonds, tandis que pour un ETF physique cela ne dépasse pas la moitié du fonds. Dans le pire des cas, on parle d’une perte de NAV qui serait d’environ 3-4% si le collatéral n’est pas très corrélé avec l’indice. Dans le doute, si cela vous inquiète vraiment, suivez régulièrement la solvabilité des contreparties de vos ETF en regardant les notes des agences de notation, la valorisation de leurs CDS et diversifiez-les éventuellement (BNP Paribas, Société Générale etc…).
Les ETF peuvent décider de verser les dividendes ou les coupons des actions ou des obligations qu’ils détiennent, cela est marqué en général par un (D) dans le nom de l’ETF. L’ETF peut alternativement capitaliser les dividendes, c’est-à-dire racheter des paniers avec les dividendes perçus, ce qui a pour avantage de créer des intérêts composés sur le long-terme, ils ont généralement un (C) ou le terme « accumulating » dans le nom. Ce qu’il faut savoir c’est que la plupart des pays retiennent une portion (environ 20-30%) des dividendes qui partent à l’étranger et les rendent uniquement sous certaines conditions. Les ETF ne sont pas capables de les récupérer sauf s’ils sont domiciliés dans le même pays d’où proviennent ces dividendes, on dit donc que ces ETF répliquent les indices en « Net Return ». Pour des résidents fiscaux français, cela veut dire qu’il n’est parfois pas forcément mauvais de privilégier des indices qui pondèrent bien la France et qui sont répliqués par des fonds français (code ISIN commençant par FR), et c’est pour cela que les ETF français sur le CAC 40 sont dits « Gross Return », car ils reçoivent l’intégralité des dividendes.
Le dernier point est la couverture de change (currency hedging). Pour faire simple il s’agît de faire en sorte que les fluctuations des taux de change entre les monnaies dans lesquelles sont cotées les actions de l’indice et la monnaie dans laquelle est coté l’ETF n’influe pas sur la performance du fonds. Si vous êtes un européen qui détient un ETF sur un indice américain et que l’euro gagne de la valeur face au dollar, votre ETF perdra de la performance à cause du taux de change qui s’appliquera sur vos actions américaines qui vaudront moins cher. Inversement, si le dollar gagne de la valeur l’ETF gagnera en performance. Pour éviter cela, les ETF rentrent dans des contrats à taux futur où le taux de change qui s’appliquera lors de la conversion pour la période est spécifié à l’avance. Ils peuvent par exemple prendre un contrat sur 100 millions d’euros d’encours : si la valeur de l’euro augmente, l’ETF sera compensé, mais si l’euro baisse en valeur alors l’ETF devra compenser sa contrepartie, sa NAV ne sera pas affectée par les fluctuations des changes dans tous les cas. Cette méthode n’est pas parfaite car il y a trop de variations d’encours pour couvrir tout l’ETF, en plus cela a un coût sur le très-long-terme. Etant donné que le dollar est une valeur refuge et a tendance à être négativement corrélé avec le marché action en temps de crise, mon conseil personnel est de ne pas trop prendre d’ETF très exposés au dollar qui sont « currency-hedged », peu importe si l’ETF est à réplication physique ou synthétique.

Les ETF en tant que vecteurs systémiques

Un rapport de l’AMF de 2017 conclue que les ETF en France ont une emprise minime sur le marché (moins de 1% de la capitalisation boursière et des volumes échangés chaque jour). Ils ont aussi montré que le processus de « creation/redemption » avait un effet contracyclique sur les indices. Cela veut dire que les AP ont tendance à effectuer des souscriptions (acheter ou faire acheter de paniers de l’indice) quand les indices perdaient de la valeur et de faire des rachats (vendre des paniers de l’indice) quand les indices en gagnaient. Cela a donc pour effet de diminuer la volatilité des indices sous-jacent, ce qui est positif d’un point de vue systémique.
La recherche montre que les ETF ont, de façon qui peut sembler contre-intuitive, un impact positif sur l’efficacité des marchés sous-jacents et les mécanismes de découverte de prix. Il existe des méthodes pour estimer quels sont les mouvements de prix en bourse qui correspondent à ceux des investisseurs informés et à ceux qui correspondent à des investisseurs qui font de la spéculation court-terme (noisy investors). Ce qu’ont montré certains chercheurs est que les investisseurs informés, ceux qui investissent un peu avant les gros mouvements des indices, préfèrent initialement acheter ou vendre des parts d’ETF puis ensuite acheter ou vendre des actions individuelles. Ils se servent des ETF pour valoriser les informations qui concernent le marché tout entier et il y a une relation positive entre les encours d’un ETF et la quantité d’informations qu’il apporte au marché grâce à ses investisseurs informés. En retour, cela crée davantage de co-mouvement dans le prix des actions de l’indice, ce qui est une bonne chose dans cas-là. Cependant, ce que montre l’article dont je parle est que si l’arbitrage des AP se fait trop rapidement, ils risquent de ralentir l’arrivée de l’information au reste du marché. L’action contracyclique dont parle l’AMF est justement ce ralentissement de transmission.
Il faut cependant nuancer ce propos. Un ETF sur du small cap ou un ETF sur un indice equal-weighted risque d’avoir une emprise trop forte sur les petites capitalisations et les investisseurs sur ces actions risquent de ne pas pouvoir absorber l’arbitrage des AP. Pour que les ETF aient une influence positive sur les marchés sous-jacents il faut d’abord que ces marchés soient suffisamment liquides et bien suivis par des analystes financiers. Je parlerai plus longuement du risque de liquidité dans le quatrième chapitre, mais il faut le garder à l’esprit. Par ailleurs, je dois souligner que les ETF à effet de levier peuvent quant à eux avoir des effets systémiques négatifs s’ils ont une emprise trop grande sur le marché.
En dernier lieu, je tiens à souligner que certaines banques centrales se servent d'ETF pour réguler les taux de rendement long-terme et rassurer les participants des marchés secondaires, afin que les entreprises puissent continuer à lever des fonds sur les marchés financiers. Aux US la Fed a lancé un programme d'achat de parts d'ETF obligataires High Yield (dette de mauvaise qualité) pour contourner des restrictions légales dans son mandat. Certains de ces ETF avaient perdu quasiment toute leur valeur suite au choc du Covid-19. Au Japon, la banque centrale achète carrément des ETF d'actions pour soutenir les marchés boursiers, ce qui indirectement aide les épargnants japonais qui ont une grande partie de leur épargne pour la retraite en actions.
Cela conclue ce chapitre sur le fonctionnement des marchés financiers, le fonctionnement théorique des ETF et des risques liés aux événements extrêmes (risque de contrepartie/collatéral et risques systémiques). J’espère avoir été suffisamment clair et dans le cas contraire je suis prêt à éclaircir certains passages, voir les réécrire.

Sources

LES ETF : CARACTERISTIQUES, ETAT DES LIEUX ET ANALYSE DES RISQUES - LE CAS DU MARCHE FRANÇAIS, AMF 2017
PROSPECTUS, AMUNDI ETF SOLUTIONS
Does ETF trading affect the efficiency of the underlying index?, Liao Xu, Xiangkang Yin 2017
Two-Sided Markets in Asset Management: Exchange-traded Funds and Securities Lending, Jesse Blocher, Robert E.Whaley 2016
The counterparty risk exposure of ETF investors, Christophe Hurlin, Grégoire Iseli, Christophe Pérignon, Stanley Yeung 2019
submitted by Tryrshaugh to vosfinances [link] [comments]

Mise en application de la théorie de portefeuille moderne

Mise en application de la théorie de portefeuille moderne

Propos préliminaires

Bonjour à tous et à toutes.
Suite à une discussion avec u/freekickus sur mon post sur la diversification, je vous propose une mise en application des concepts (lisez-le avant sinon vous serez largués sur ce post). On va travailler avec des ETF capitalisants éligibles PEA (surtout utile pour les petits portefeuilles ou si vous investissez périodiquement en terme de diversification/prix d'achat) et de l'or physique au comptant, qui a des propriétés de couverture assez intéressantes en période de crise. Autre chose importante, je vais faire des calculs avec des scenari différents qui se sont produits par le passé, mais rien n'indique qu'ils se reproduiront identiquement à l'avenir ou qu'une configuration macroéconomique nouvelle ne puisse surgir (typiquement avec le plancher des taux de la BCE, les obligations ne pourront pas avoir une performance aussi importante qu'en 2008). Cette approche est surtout utile pour la partie "capitalisation" de votre portefeuille d'investissements et ne convient que sur des horizons de plusieurs années que je préciserai.
Rappel de l'objectif : avoir le meilleur ratio de Sharpe (rendement/volatilité) possible compte-tenu d'un niveau de risque donné ou d'un rendement espéré requis. Le ratio de Sharpe c'est (R(P)-Rf)/s(P) où R(P) est le rendement espéré du portefeuille risqué, Rf le taux de rendement de votre portefeuille protégé (moyenne pondérée des rendements de vos livrets A, PEL et fonds en euros) et s(P) est la volatilité des rendements du portefeuille risqué et détermine l'efficacité de votre portefeuille risqué.
On va supposer plusieurs choses
  1. Excepté pour l'or physique où j'optimise avec la taxe forfaitaire (6% sur la valeur de cession) ou le prélèvement forfaitaire (19% sur la plus-value de cession), on travaille avec un PEA donc PFU de 17,2% sur un rachat total sans dividendes. Je viens de découvrir que l'or est une niche fiscale en France avec un abattement annuel progressif de 5% sur la taxe forfaitaire - si on en détient pendant 22 ans on est complètement exonéré d'impôts dessus. Ça a peut-être changé avec les réformes fiscales récentes donc corrigez-moi.
  2. J'utiliserai les frais de courtage de Boursorama Classic pour l'exemple (0,48% par ordre et 5,5 minimum) et un bid-ask de 1% à l'entrée et à la sortie, pas la motivation de le calculer pour chaque actif, il peut être plus grand sur des ETF moins liquides, faites votre propre due diligence. Le bid-ask c'est la différence entre le prix affiché et le prix allez payer réellement, plus l'actif est liquide, plus il diminue.
  3. Les rendements supposent une couverture du taux de change en euros, à vous de les transformer si vous ne voulez pas de couverture de change. Mes données proviennent de investing.com donc elles peuvent être imparfaites et incomplètes. L'or est en dollars sans couverture par contre. Parfois les ETF n'existaient pas à l'époque donc j'ai pris l'indice sous-jacent, il faut donc compter 0,1-0,8% de rendement annuel en moins en fonction des frais de gestion de l'ETF.
  4. Rendement fixe du portefeuille protégé à 1% net d'impôts
  5. La volatilité prix est le seul risque pris en compte mais il y en a d'autres, soyez conscients de cela
  6. Pas de vente à découvert et d'emprunt
  7. Somme à investir de 20 000e et on essaye d'avoir moins de 1500e qui reste en cash ou qui sert à payer les frais (c'est parfois impossible), le restant est investi dans notre portefeuille protégé
  8. Je propose à chaque fois une optimisation du ratio de Sharpe puis une optimisation du rendement tout en conservant un ratio de Sharpe de 1 (un benchmark considéré comme bon, 1,2 ou plus étant excellent)
Attention les résultats sont très sensibles aux prix d'achats, aux frais de courtage, à l'horizon d'investissement et à l'investissement initial. Utilisez mon Excel et n'allez surtout pas reproduire les allocations que je présente. Ça peut ne pas convenir à vos besoins et cela reste des placements risqués.

Scénario 1 : prévision d'une récession

Vous prévoyez que d'ici 1-2 ans il y aura une crise et vous pensez qu'un portefeuille qui a fonctionné en 2007-2009 peut être intéressant pour une partie de votre portefeuille d'investissement ? Voilà ce que dit le modèle de Markowitz (adapté avec les contraintes de courtage et d'imposition ainsi que le fait que l'on a un prix d'entrée minimum sur chaque actif).
J'ai pris les rendements mensuels de toutes sortes d'indices pendant la période, malheureusement la plupart n'existaient pas avant septembre 2007 donc ça commence là et je termine en décembre 2010, c'est donc un portefeuille à horizon 3-5 ans avec une prévision d'une crise imminente sur les actions et l'immobilier qui n'est pas prévue par les marchés, qu'il faut vendre une fois la crise finie. Je rappelle que ça ne veut pas dire que ça se passera exactement pareil la prochaine fois. On suppose que le PEA a deux ans au départ.
CASH : Portefeuille protégé (risk-free)
XAUUSD : Or en dollars spot (once)
OBLI : Indice d'obligations d'Etats européens utilisé par l'ETF éligible PEA de Lyxor
EMKT : MSCI Emerging markets
LYFOO : Euro Stoxx 600 Food & Beverages
EWLD : MSCI World
INFR : FTSE Global Core Infrastructure
RSSL2000 : Russel 2000

Table des corrélations
J'obtiens le portefeuille de Markowitz suivant pour la période avec le solveur d'Excel, auquel j'ai demandé d'optimiser le ratio de Sharpe en prenant en compte tous les frais et impôts (le cash est avant frais de courtage).

Tableau de l'allocation
Ce qui me donne le résultat suivant

Rendement net
Si je lui demande une optimisation du rendement il me dit 100% or, mais ce n'est pas très intéressant à montrer.

Scénario 2 : prévision d'un bull market avec une baisse des taux

Même logique mais sur 2011-2020 avec un horizon 8-15 ans et j'inclus CD6 : MSCI Europe Consumer Discretionary
Corrélations sur la période
Donc ici on a une belle particularité, si on cherche à optimiser le ratio de Sharpe, on a comme résultat un portefeuille vraiment peu volatile. Attention, je répète, les indices obligataires ne pourront probablement plus jamais reproduire les performances exceptionnelles de ces dernières années surtout dans un bull market à cause du plancher des taux donc ce résultat est à prendre avec des pincettes.

Tableau de l'allocation

Rendement net

Si je lui demande maintenant de maximiser le rendement tout en conservant un ratio de Sharpe supérieur ou égal à 1 j'obtiens
Tableau des allocation

Rendement net
Qui en passant est à mon avis la meilleure allocation parmi toutes celles proposées, mais je tiens à dire que je suis bullish sur le moyen-long-terme.

Scénario 3 : crise et reprise avec taux stables

Là je prends tout depuis 2007 à aujourd'hui sur un horizon 15 ans en baissant artificiellement le rendement espéré de l'ETF obligataire à 2% par an pour avoir un rendement plus réaliste.

https://preview.redd.it/0lr3q4zchgb41.png?width=918&format=png&auto=webp&s=5f934abc1fa57593c92665e5a0e4df67d206b813
En maximisant le ratio de Sharpe on a

https://preview.redd.it/v41ano6f8gb41.png?width=1598&format=png&auto=webp&s=d43b267b65e273a4af8fb5b18be039c7655c5219

https://preview.redd.it/bgvg3ioh8gb41.png?width=298&format=png&auto=webp&s=b8e6a6a9ede1a6193acba4de4e8594e4d0e20d8f
On note que le ratio de Sharpe est très bas. Sur de longues périodes avec des cycles violents c'est inévitable, c'est le désavantage se l'investissement 100% passif dans ces conditions. En maximisant le rendement et en exigeant un ratio de Sharpe de 0,5 minimum on a :

https://preview.redd.it/4yejtcifagb41.png?width=1598&format=png&auto=webp&s=1155fd94aacf2a52f88f13e7976d3f2b60c0d658

https://preview.redd.it/05ccq20jagb41.png?width=298&format=png&auto=webp&s=572044c55332cdd39962b87497d37049d770b00a

Pour ceux qui veulent se servir de l'Excel

Encore une fois, faites votre propre due diligence. Ce modèle est adapté pour les investisseurs qui ne sont pas trop attachés émotionnellement à leur épargne et qui de préférence ont couverts leurs besoins en liquidités avec du capital protégé et qui croient en l'efficacité des marchés. De plus ça nécessite de savoir faire des prévisions sur les taux de rendement espérés. Je ne prends pas la responsabilité pour d'éventuelles pertes. Le lien de téléchargement est ici.
Vous pouvez bidouiller avec les rendements espérés sans problème et vous n'êtes pas obligés d'utiliser les moyennes historiques (je vous le conseille de les ajuster d'ailleurs).
Le solveur d'Excel est très capricieux, je suppose que vous l'avez activé dans les compléments d'Excel auparavant. Choisissez votre scénario et commencez par mettre votre somme à investi la somme que vous voulez investir tous les trimestres sur votre PEA et l'horizon d'investissement, si possible avec les prix à jour. Remplacez les nombres dans la colonne Nb actifs par 1. Ouvrez le solveur et cliquez sur chargeenregistrer. Sélectionnez les 12 cellules en-dessous d'optimisation rendement et cliquez sur charger. Sélectionnez dans la méthode GRG non-linéaire puis lancez l'algorithme. Si cela échoue essayez l'algorithme évolutionnaire (n'oubliez pas de remettre les Nb actifs à 1). Si il échoue aussi il faut relâcher la contrainte de volatilité maximum.
Si vous voulez changer d'autres paramètres ou ajouter d'autres valeurs demandez moi je vous expliquerai.
submitted by Tryrshaugh to vosfinances [link] [comments]

Please proof-read my medical translations! 🙏

I’m in nursing school in America & have an English-Spanish Assessment sheet on my clipboard that I LOVE. However, in the future I would like to move to a Francophone country. I wanted to try & convert my English-Spanish chart to English-French. My French is very basic so I tried my best to translate & filled in other things with Google Translate (I know, I know...). I was just hoping this lovely community could please proof read this before I finalize it? When it’s ready i’d be happy to post it here! I’m sure I’m not the only one that would like to know some medical French!
Thank you everybody!

My name is _____, I am your Nurse.
I don’t speak much French, but I am trying.
Today your Doctor is _______.
Your Doctor usually comes to see patients around ____.
Your room number is ______.
The phone number to your room is _________.
This is your call light.
Push this button for help.
The bathroom is for patients only.
Please let me know if you need an interpreter.
Thank you.
Can I assess you?
I will listen to your heart and lungs.
I will feel your pulse.
Can you turn to your right/left side?
I need to check the tubes.
- This tube drains urine.
- This tube drains stool.
- This tube drains fluid from inside your body that is not supposed to be there.
I need to clean around this tube.
I need to change this dressing.
I am going to get someone to help.

Mon nom est _____, je suis votre infirmière.
Je ne parle pas beaucoup le français, mais j'essaye.
Aujourd'hui, votre médecin est _______.
Votre médecin vient généralement voir les patients vers ____.
Le numéro de votre chambre est le ______.
Le numéro de téléphone de votre chambre est le _________.
Ceci est votre voyant d’appel.
Appuyez sur ce bouton pour obtenir de l'aide.
La salle de bain est réservée aux patients.
Veuillez me faire savoir si vous avez besoin d'un interprète.
Je vous remercie.
Puis-je vous évaluer?
J'écouterai votre cœur et vos poumons.
Je vais sentir ton pouls.
Pouvez-vous vous tourner vers votre droite / gauche?
J'ai besoin de vérifier les tubes.
- Ce tube draine l'urine.
- Ce tube draine les selles.
- Ce tube draine le liquide de l'intérieur de votre corps qui n'est pas censé s'y trouver.
J'ai besoin de nettoyer autour de ce tube.
J'ai besoin de changer ce pansement.
Je vais demander à quelqu'un de m'aider.


I have your medications.
Please tell me
- your full name
- your birthday
I need to see your identification bracelet.
This pill is called _____ it is for _____.
This shot is called ____ it is for _____.
This inhaler is called _____ it is for ____.
Pain
Blood Pressure
Cholesterol
Cirrhosis
Arthritis
Allergies
Infection
Withdrawal
Sleep
Preventing blood clots
Diabetes
Asthma
Please swallow your medications.
This cream goes here (point to their body).

J'ai vos médicaments.
s'il vous plaît dites-moi
- ton nom complet
- ton anniversaire
J'ai besoin de voir votre bracelet d'identification.
Cette pilule s'appelle _____ c'est pour _____.
Ce plan s'appelle ____ c'est pour _____.
Cet inhalateur s'appelle _____ c'est pour ____.
Douleur
Pression artérielle
Cholestérol
Cirrhose
Arthrite
Les allergies
Infection
Retrait
Dormir
Prévenir les caillots sanguins
Diabète
Asthme
Veuillez avaler vos médicaments.
Cette crème va ici (montrez leur corps).


I need to get your vital signs.
Your blood pressure is normal/high/low.
Your heart rate is normal/high/low.
Your temperature is normal/high/low.
I need to check your weight.
I need to draw your blood.
Is now a good time to call an interpreter?
Today you will have a _________.
I need you to sign a consent for a ________.
Do you have questions for the doctor?
You may not eat or drink until after the _____.
X-Ray
CT Scan
MRI
Biopsy
Procedure

J'ai besoin de tes signes vitaux.
Votre tension artérielle est normale / élevée / basse.
Votre fréquence cardiaque est normale / élevée / faible.
Votre température est normale / élevée / basse.
J'ai besoin de vérifier votre poids.
J'ai besoin de prélever ton sang.
Le moment est-il venu d'appeler un interprète?
Aujourd'hui, vous aurez un _________.
J'ai besoin que vous signiez un consentement pour un ________.
Avez-vous des questions pour le médecin?
Vous ne pouvez ni manger ni boire avant le _____.
Radiographie
CT scan
IRM
Biopsie
Procédure


Nothing to eat or drink.
Clear Liquids Only
Water
Juice
– Apple, Cranberry, Grape
Broth
Ice Chips
Gatorade
Soda
Jello
Back Coffee
Tea
Popsicle
Full Liquid (all clear liquids)
Milk
Ice Cream
Juice with the pulp
Soups without chunks

Rien à manger ou à boire.
Liquides clairs uniquement
Eau
jus
- Pomme, Canneberge, Raisin
Bouillon
Frites de glace
Gatorade
Un soda
Jello
Café de retour
thé
Popsicle
Liquide complet (tous les liquides clairs)
Lait
Crème glacée
Jus avec la pulpe
Soupes sans morceaux


Soft Diet (all liquids)
Applesauce
Canned fish and poultry
White rice
Egg noodles
White bread
Mashed potatoes
Bananas
Mangoes
Avocados
Cottage cheese

Régime doux (tous liquides)
Compote de pommes
Poisson et volaille en conserve
riz blanc
Nouilles aux oeufs
pain blanc
Purée de pomme de terre
Bananes
Mangues
Avocats
Cottage cheese


Diabetic Diet
Diet soda
Eat lots of fruits and vegetables
Lean meats
– chicken, fish, pork
Limit your complex carbohydrates
– bread, rice, tortillas
No sugar
No juice

Diabétique
Soda sans sucres
Mangez beaucoup de fruits et légumes
Viandes maigres
- poulet, poisson, porc
Limitez vos glucides complexes
- pain, riz, tortillas
Sans sucre
Pas de jus


Are you in pain?
Where is your pain?
Can you rate your pain from 1-10?
1 - very little pain
10 - the worst pain you’ve ever felt.
What helps the pain?
Reposition
Hot pack
Cold Pack
Massage
Medication

Etes-vous souffrant?
Où as-tu mal?
Pouvez-vous évaluer votre douleur de 1 à 10?
1 - très peu de douleur
10 - la pire douleur que vous ayez jamais ressentie.
Qu'est-ce qui aide la douleur?
Repositionner
Compresse chaude
Un paquet froid
Massage
Médicament


Do you need the bathroom?
Pee or Poop?
Do you need anything?
Blankets
Sponge bath
Wash Cloth
Towel
Toothbrush
Comb
Can I help you wash up?
Here is some water and soap to wash.

Avez-vous besoin de la salle de bain?
Pipi ou merde?
As-tu besoin de quelque chose?
Couvertures
Éponge de bain
Un gant de toilette
Serviette
Brosse à dents
Peigne
Puis-je vous aider à vous laver?
Voici de l'eau et du savon à laver.
Will you brush your teeth?
Allez-vous vous brosser les dents?
submitted by S313na to French [link] [comments]

Ne venez pas à Corn Valley

Je m’appelle Tommy, j’ai 31 ans et je suis médecin à Corn Valley, une petite ville au sud de Tucson, Arizona. Il y a quelques semaines, je vous aurais bien invité à y passer vos vacances sous notre soleil brûlant, mais plus maintenant. Aujourd’hui, je vous déconseille fortement d’y mettre les pieds. Ici, il n’y plus rien que la mort depuis que cette chose est tombée du ciel.
La plupart des gens de cette ville sont des conservateurs très croyants, alors, lorsqu’ils ont vu cette boule de lumière chuter du ciel en pleine nuit, ils ont prit ça pour un signe de Dieu. Si c’est le cas, alors je crois qu’il ne nous aime pas.
Cette chose qui a illuminé toute la ville et provoqué un petit séisme en percutant le sol, à environ 3 kilomètres de là, c'était une météorite ou un autre objet spatial qui devait dériver dans l’espace depuis des temps immémoriaux avant de chuter sur Terre. Elle s’est presque entièrement désintégrée dans l’atmosphère et tout ce qu’il en restait lorsqu’elle a touché le sol ne dépassait pas la taille d’une balle de golf. C’était, cependant, suffisant pour creuser un cratère de plus de deux mètres de diamètre.
Elle est tombée sur les terres de Joshua, en plein milieu de son champ de maïs, alors techniquement, elle lui appartenait. Je me souviens à quel point il était fier d’être le propriétaire de cette pierre tombée du ciel. Sa maman, avec qui il vivait, était, elle aussi, très fière car Dieu les avait bénis en leur envoyant ce caillou spatial. Le seul qui exprimait des méfiances à ce sujet, c’était Nickson, leur chien. Il ne voulait pas s’en approcher.
Au petit matin, il y avait un véritable attroupement de badauds autour d’eux, venus voir cette chose tombée du ciel. Joshua l’a arrosée d’eau glacée pour la refroidir, puis l’a prise en main pour se faire photographier en train de brandir son trésor. Ensuite, il a été pris en photo avec le shérif, puis avec le maire, en train de leur serrer la main, tout en montrant la météorite de son autre main. Madame Miller, professeur de science dans la petite école de la ville, lui a conseillé de l’apporter à l’Université de Tucson pour la faire analyser car elle contenait peut-être de l’or. Ça avait rendu Joshua tout excité.
L’après-midi même, le journal local titrait en première page : Une météorite tombe dans son jardin ! Découvrez l’incroyable histoire de la Joshua. L’article ronflant détaillait comment ce jeune fermier plein d’avenir avait découvert une incroyable météorite en forme de navet dans son champ de maïs. Article partagé sur les réseaux sociaux par Joshua et découpé dans le journal pour être encadré par sa maman.
L’enthousiasme de Joshua n’a pas tardé à dégringoler lorsqu’il a commencé à se sentir mal. Sa maman m’a appelé le soir même pour que je vienne le voir. Alors qu’il était excité comme une puce à l’idée que sa météorite contienne de l’or, il avait commencé à avoir des vertiges, puis des frissons et avait terminé sa course au fond de son lit, grelottant de froid dans une chambre brûlante. Lorsque j’ai pris sa température, elle dépassait 41°C. Il était pâle comme un linge et sa tension était très basse.
Alors que je prévoyais de lui prescrire un antipyrétique pour faire tomber la fièvre, il s’est mis à cracher du sang. Sa mère s’est mise à pleurer. Je la vois encore tenir la main de son fils tandis que celui-ci grelottait, la bouche maculée d’hémoglobine.
Je lui ai demandé d’aller lui chercher à boire pendant que j’inspectais ses yeux. Le blanc de ses yeux virait au jaune, témoignant d’un problème au foie. Le diagnostique s’aggravait de minute en minute.
Sa mère m’a rejoint avec un grand verre d’eau et nous avons tenté de le redresser pour lui donner à boire. Mais, ce faisant, Joshua a craché ses dents dans un glaviot sanglant. Le verre d’eau s’est brisé au sol lorsque Joshua, de ses lèvres rouges, a prononcé ces quelques paroles : « maman… Qu’est-ce qui m’arrive ? ».
Ensuite, les choses se sont accélérées et ont pris une tournure que je n’aurais pu concevoir si je ne l’avais pas vue de mes propres yeux.
Une tournure vraiment macabre.
Dans un grondement organique, les côtes de Joshua se sont tordues et son torse s’est déchiré en une sorte de gueule dont les côtes seraient les crocs. Des excroissances osseuses ont percé sa peau, puis son t-shirt anthracite, formant des sortes de membres griffus sanglants.
Le corps de Joshua se tordait tandis que des organes se formaient à des endroits anormaux, le rendant complètement difforme. J’ai vu des yeux s’ouvrir sur ses bras, des dents sortir de son dos et des organes devenir énormes et déborder de son ventre.
Entre les giclées de sang, les excroissances difformes, les hurlements de sa mère et les gargouillis de Joshua, la chambre était devenue une scène de film d’horreur.
J’ai emporté la maman de Joshua et on est sorti de la chambre.
Elle est restée de longues heures à pleurer, appuyée contre la porte de la chambre de son fils tandis que des sons écœurants en sortaient accompagnés de temps à autre par un « maman » difficilement articulé.
Vers minuit, alors que j’essayais de trouver un diagnostique à cette horrible pathologie, elle a pris la décision d’appeler le prêtre, lui expliquant que son fils était très malade et qu’il avait besoin d’être absous de ses péchés avant de mourir.
Le prêtre est arrivé quelques minutes plus tard. Je lui ai indiqué où se trouvait la chambre de Joshua et j’ai conseillé à sa mère de ne pas y assister et d’aller se reposer. Elle est allée de coucher sur le canapé et s’est couverte d’une couverture en dépit de la chaleur. Je suis resté près d’elle et j’ai entendu le prêtre s’exclamer « Dieu tout puissant, qu’est-ce que c’est que ça ?! ». Il y est resté quelques heures et j’ai fini par m’endormir, tout comme la mère de Joshua.
Lorsque le prêtre est revenu, il s’est assis sur une chaise et j’ai pris place en face de lui. Je voulais lui demander si Joshua était mort, mais j’ai constaté qu’il grelottait et transpirait en même temps. J'ai préféré lui demander s’il allait bien, ce à quoi il m’a répondu qu’il avait juste attrapé froid. Je n’ai pas eu le temps de lui répondre quoi que ce soit que nous avons entendu quelque chose de lourd tomber, puis rouler au sol.
C’était la tête de la mère de Joshua. Elle s’était détachée de son corps tordu et des doigts sortait de son moignon de cou. La langue tuméfiée et pendante, la tête s’est mise à se déplacer en gémissant des paroles incompréhensibles.
Je me suis levé d'un bond, terrifié, et il m’a fallu quelques instants pour calmer mes peurs et me retourner vers le prêtre, toujours assis en face de moi. J’ai poussé un hurlement d’effroi en le voyant. Son visage s’était allongé et sa langue pendait sur la table où se formait une flaque de salive.
J’ai quitté la maison en courant.
Il fallait interdire l’accès à cette maison car ce qui avait atteint Joshua se propageait. Je suis allé frapper à la porte de la maison du maire pour le convaincre de condamner la maison et d’avertir les autorités qu’une maladie inconnue se répandait ici.
C’est son épouse qui m’a ouvert, inquiète et furieuse que je les réveille après minuit. Je l’ai convaincue de ne pas me toucher car j’étais peut-être contaminé et je suis monté à l’étage, vers la chambre du maire, ignorant ce que sa femme me disait. Je suis entré et j’ai découvert le maire assis dans son lit. Je lui ai expliqué la situation sans prendre le temps de le saluer et il m’a écouté attentivement et a acquiescé à tout ce que je disais. Cependant, il n’a pas prononcé un mot. Lorsque je lui ai demandé s’il allait bien, il s’est contenté de répondre par un mouvement du chef. Je lui ai demandé de me dire quelque chose et il a ouvert la bouche.
J’ai eu un mouvement de recul, d’abord pour éviter les projections de salive, mais aussi de terreur lorsque j’ai vu cette langue épaisse lui sortir de la bouche et se dérouler sur ses draps. Le maire a tenté de prononcer quelque chose, mais il n’y parvenait pas, comme sa langue l’empêchait d’articuler quoi que ce soit.
J’ai arraché ses draps et j’ai découvert une main énorme, faites de plusieurs dizaines de très longs doigts.
Je me suis enfui. Je sais que sa femme a été contaminée, elle aussi, parce qu, en arrivant au rez-de-chaussée, j’ai vu une flaque de sang et un intestin s’étaler sur le sol et se répandre dans une autre pièce.
Le shérif aussi était contaminé. Je l’ai vu ramper dans l’obscurité, son chapeau de cow-boy toujours vissé sur la tête alors que son corps devenait une masse informe de laquelle s’échappaient des sons ignobles.
Je me suis enfermé chez moi, j’ai verrouillé toutes les portes, fermé toutes les fenêtres et j’ai tiré tous les rideaux.
Je n’en suis pas sorti depuis. Le soleil s’est levé depuis quelques heures, mais la ville ne s’est pas réveillée. Tout est silencieux, dehors. De temps en temps, il y a des plaintes ou des paroles inarticulées qui se font entendre. Parfois, un chien aboie, puis se tait brutalement. Derrière les rideaux, j’ai vu quelque chose d’informe se déplacer avec lenteur, en se traînant, perché sur des membres tordus.
Tout la ville est contaminée, je crois. Je le suis aussi. J’ai de la fièvre, je me sens mal, mon corps change, mes idées sont de moins en moins claires. J’ai du mal à me souvenir de mon nom, de mon âge et mes souvenirs sont flous. J’ai vu mes empreintes digitales bouger sur mes doigts et je sens que quelque chose pousse dans mon dos. Je ne vais plus tarder à devenir une masse de chair informe, comme les autres. Je ne crois pas que mourir y changerait quelque chose.
La maladie vient de la météorite, c’est certain. Elle se transmet par contact, je crois. Je l’ai attrapée en prenant la température de Joshua ou en inspectant ses yeux. J’ignore ce que c’est. Un virus ? Une bactérie ? Autre chose ?
Après contact avec une personne contaminée, le temps d’incubation varie d’une personne à l’autre : quelques heures à une journée. J’ignore si elle est mortelle, mais je ne pense pas. Les symptômes varient énormément, mais finissent irrémédiablement par vous changer en une créature difforme, d’une manière ou d’une autre. Une fois changés en monstres, les malades ne semblent pas agressifs. Ils se contentent de déambuler s’ils le peuvent… Mais je me trompe, peut-être.
Je ne sais plus…
Si vous lisez ces lignes, ne venez pas Corn Valley. Détruisez la ville si vous le pouvez, évitez la autant que possible. Ici, il n’y a plus que laz mortg estr cretttye é1trza?nvgre mzalragdtiez. Nez v eznezez jzalazisn icxi. HN ekjjfjkgfnj, vldbkjlczdbjm
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Nouvelle procedure de garderie

Je m'attends a ce que ca brasse avec mon commentaire.
Je viens de recevoir la nouvelle procédure en place de la garderie a ma fille et je capote. La voici (le text en gras est mon opinion sur cela)
1) À votre arrivée, vous verrez de la ruban adhésif rouge sur le sol (à 2 mètres les uns des autres) où vous vous tiendrez une famille à la fois pour attendre votre tour de déposer. Il y a un panneau dans l'entrée pour UNE FAMILLE À LA FOIS dans l'entrée et vous sonnerez à la porte et attendez à l'entrée que quelqu'un vienne chercher votre enfant. Il n'y a pas de parents autorisés à circuler dans la garderie, donc nous accueillerons votre enfant entre les portes au moment du dépôt et vous le rendrons au même endroit à la fin de la journée. Okay c'est correcte, mais va falloir que certain parents arrêtent de prendre leur temps parce que je prédis que ca va causer une longue file d'attente avec des parents impatients
2) Il y aura un questionnaire à remplir tous les jours avant de laisser votre enfant à la garderie (je posterai le questionnaire pour vous cette semaine). un peu excessif de le faire a tout les jours. Deja que jen remplis 4-5 avec mon job*
3) Nous amènerons votre enfant à se laver les mains puis en classe. Au moment du départ, ils se laveront les mains juste avant de quitter la garderie. Il est également important de se laver les mains à votre retour à la maison. *Ok c'est pas sensé être déjà le cas bien avant la pandémie ? Quand je rentre chez nous je lui change la couche et on se nettoie *
4) Si c'est possible, demandez au même parent de venir porter et venir chercher l'enfant. ** AHAHAHABABBA Bonne chance. Je fais du 6/7 a 2-3 en tenps normal et des fois du 8pm a 4am jpeux pas la dropper vous êtes fermé, Maman peut pas aller la chercher elle fais du [email protected]**
5) Chaque enfant qui retourne à la garderie devra venir avec un sac à fermeture éclair (style sac à dos). Tous leurs effets personnels seront à l'intérieur du sac. okay un autre osti d'achat. Je vois pas pourquoi a fermeture éclair. Pourquoi pas un sac avec velcro qui ferme complètement ?
6) Une paire de chaussures d'intérieur pour la garderie seulement. Sérieux ? Elle est en pleine croissant les sandale que je lui ai acheté le moos passé sont déjà borderline trop petit pour elle!
7) Aucun animal en peluche ou tout autre jouet de la maison n'est autorisé à la garderie. combien de parent qui vont de battre avec leur kid qui veulent amener leur doudou/toutou???
8) La couverture que vous envoyez à la garderie restera à la garderie car elle sera lavée tous les jours. ** great ! Une chose de moins a ramener, ya au moins ca de positif**
9) Il y a ZÉRO tolérance à la fièvre et / ou à la toux (symptômes similaires à COVID 19). Si votre enfant présente l'un de ces symptômes, vous devez venir le chercher immédiatement. Ils seront dans la salle d'isolement (salle de motricité) loin des autres enfants jusqu'à votre arrivée. *《Ouais boss, désolé je dois abandonner le chantier parce que ma fille fais un peu de fièvre. Non je peux pas laisser faire je DOIS la ramener. Ben oui je sais jai un skyjack en location pour la journée. C'est pas moi qui fais les reglements a la garderie, jai pas le choix. Ben mon ma blonde la déjà fait les 4 autres fois d'avant 》 c'est ce que je prédis et que ca va causer ben des problèmes
S'tu moi qui vois ca du mauvais oeil?
submitted by bloody_bone to Quebec [link] [comments]

Email spam

Bonjour, J'ai reçu un mail disant que j'ai cumulé assez de points et que en échange des points je peux m'acheter un IPhone 11. Je dois juste payer les frais de ports à DHL. Je n'ai pas donné suite au mail. Aujourd'hui, j'ai reçu un mail disant que mon colis est près à partir et qu'il ne reste plus que les frais à payer à DHL. Lorsque je clique sur le lien de DHL, j'arrive sur leur page me demandant mes données personnelles et que je peux payer sans problèmes car c'est un site sécurisé. J'ai regardé en bas de la page et il y a un lien qui change à chaque fois que vous quittez la page Web et revenez sur la page de DHL. Il s'agit en fait, d'une couverture car une fois que vous aurez payé les 2,95€ ou 3€ et que vous ne supprimez pas votre inscription, vous paierez 57€ pour 28 jours et ainsi de suite. Il s'agit en fait de jeux en ligne. Le plus bizarre, c'est que j'ai reçu ce mail avec une adresse mail différente de la mienne. Mon adresse se termine par Skynet et le mail reçu et destiné à une adresse mail se termine par Proximus. En conclusion, si vous recevez ce genre de message, effacez-le tout de suite. Si vous regardez bien, l'expéditeur est situé au Canada et l'adresse mail commence toujours par [email protected].... et le message ne vous est jamais destiné. Bonne journée
submitted by serge66 to belgium [link] [comments]

Ecriture de nouvelle : Les Camille


L’eau s’engouffre un peu plus dans ses poumons à chaque inspiration. Respire Charlie, respire. Impossible. Elle se remémore la sensation de l’air frais qui s’engouffre dans sa poitrine lorsqu’elle sort d’un examen, de la fumée de sa cigarette qu’elle inhale goulument. De l’air, vite de l’air. Les minutes passent, elle se débat, mais commence à s’épuiser, la force lui manque. Sa gorge et ses joues sont en feu. Elle baisse les yeux… et bégaie. Elle est submergée par la panique.
Charlie se réveille en sueur et rejette les couvertures. Elle s’assoit au bord de son lit, vidée. Encore un cauchemar, celui qu’elle vie au quotidien, la panique, la honte devant ses camarades, cette sensation d’étouffement lorsqu’elle prend la parole en classe et qu’ils l’observent de leurs petits yeux narquois, prêt à sauter sur la première erreur de sa part pour se moquer d’elle. A chacun de ses faits et gestes elle se sent illégitime, illégitime de parler, d’exister.
Cette pression sur la poitrine tous les matins lorsqu’elle passe le portail du collège. Chaque jour c’est le même rituel, elle baisse la tête, rentre le cou dans son blouson de ski.
Elle aussi elle voudrait avoir un manteau de jolie fille, celui avec de la fourrure sur la capuche qui donne un air de femme. Elle aussi voudrait l’écharpe et les gants assortis. Mais non c’est non lui ont dit ses parents, tu ne bêleras pas avec les moutons. « Tu n’as que 13 ans Charlie, et à 13 ans on n’est pas une femme. Tu as déjà un manteau, il est très bien, c’est l’hiver et il tient chaud. Pourquoi en voudrais-tu un autre ? ». Les mots de son père résonnent encore et encore dans sa tête. Pourquoi elle en voudrait un autre ? Et bien pour être comme les autres parce que les autres on les aime, eux.
Après l’épreuve du portail, Charlie marche rapidement, c’est un euphémisme car en réalité elle se précipite et s’enferme à double tours dans les toilettes du premier étage jusqu’à ce que la sonnerie stridente annonce l’heure d’aller en classe. D’ailleurs cette sonnerie représente pour Charlie un fléau autant qu’une délivrance. Lorsque la sonnerie stridente, annonce la fin du cours la solitude la happe à nouveau. Mais, au contraire, quand elle retentit, cette fois douce et apaisante pour annoncer la fin de la récréation c’est la délivrance, le nœud dans sa gorge se défait, elle va enfin pouvoir retrouver sa chaise et son bureau. Elle n’est alors plus seule, enfin pour le moins en apparence. Bien qu’elle ait un camarade à sa gauche, elle se sent toujours autant écrasée par ce monstre redoutable et noir qu’est la solitude. Mais elle se persuade qu’au moins elle est la seule à voir cette solitude qui lui colle à la peau comme un chewing-gum collé à sa basket. Vu de l’extérieur, elle est entourée d’amis, un peu moqueurs, certes, mais d’amis tout de même. Au fond d’elle, elle sait que se ne sont pas des amis, ils ne la connaissent pas et ne souhaite pas la connaitre, alors qu’elle connait chaque détail de leur vie palpitante, de leurs premiers émois, à leurs petits malheurs d’adolescent. Elle les écoute déblatérer sur les nouvelles chaussures de Pauline ou sur les parents de Marie qui sont « vraiment des gros cons », encore et encore. Inlassablement.
Depuis toujours Charlie s’est fait écrasée par les autres ce qui l’a toujours poussée à se sentir à part, seule. Depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne c’était ainsi, bien que sa solitude ait pris différentes formes au cours des années. D’école en école, d’année en année c’est le même schéma qui se reproduit encore et encore. Et chaque fois, sans exception, elle se fait la promesse qu’après ça sera différent, pourtant rien ne change et tout se répète un peu comme ce film, Un jour sans fin, sauf que c’est un film américain et les films américains finissent toujours sur une happy ending. Mais, Charlie ne vit ni dans un film, ni aux Etats-Unis.
Ecole primaire, collège, lycée, chaque fois est encore pire que la précédente. En grandissant elle se remet en question et en vient à se persuader que s’est elle le problème.
C’est alors qu’elle décida un beau matin que s’en était finit. S’en était trop. Elle décida alors, et sans s’en rendre vraiment compte, de devenir quelqu’un d’autre… Bien qu’elle ait toujours ce même visage trop enfantin à son goût, ces mêmes cheveux bruns et ternes elle ne sera plus jamais la même, c’est juré. Elle créa alors un personnage de toute pièce, avec de fausses anecdotes, de fausses qualités et même de faux défauts.
C’est alors que Charlie décida de devenir une Camille. Parce qu’après tout, tout le monde aime les Camille. Une Camille est belle, sûre d’elle, espiègle et a un fort caractère faisant tomber les hommes comme des mouches sur son passage et attirant la convoitise des autres filles. Et malgré ce sacré caractère, les Camille ont toujours une ribambelle de copines à qui se confier, plus fidèle en amitié les unes que les autres. Avec leurs amies, les Camille font des soirées pyjamas auxquelles Charlie n’est pas invitée, et échangent leurs vêtements à la pointe de la mode. Les Camille n’ont pas de mauvaise réputation, on ne parle d’elles qu’en des termes élogieux, et quand ça n’est pas le cas, tout finis par s’arranger et elles réussissent même à en tirer profit. Après ça elles ont encore plus d’amies avec qui glousser de plus belle et encore plus de garçons à leurs pieds, car après tout il n’y en jamais assez surtout pour les Camille. Les Camille sont invitées tout le temps et partout, c’est fatiguant de devoir choisir entre aller boire un verre de vin blanc avec Margaux et les autres ou aller à une soirée chez le grand-frère de Mathias ! Soirée, anniversaire, repas, les Camille sont invitées vraiment partout et ce sans exception. Les Camille sont également brillantes et n’ont que de bonnes notes et ce bien évidemment sans efforts te certifieront-elles. Les Camille sont insolentes, parce que quand quelque chose ne leur plait pas elles le disent et quand bien même cela aurait des conséquences elles s’en sortent, encore une fois, avec une facilité déconcertante et avec, en prime, les félicitations du jury. Les Camille ont des petits copains à la pelle, qui se succèdent à la perfection, elles gèrent leur vie amoureuse d’une main de maitre, elles savent parfaitement combien de temps il faut pleurer son ex avant d’aller se faire consoler par un autre, et tout cela en ayant été celle qui rompt brutalement sans état d’âme. Les Camille sont toujours les victimes de leurs histoires d’amour mais, attention, elles n’attirent jamais au grand jamais de la pitié, uniquement de la compassion je vous prie. Les Camille ne se font pas lâcher par leurs amis à cause d’un simple quiproquo. Et bien évidemment les Camille ne tombent pas enceintes l’année de terminale au moment exact ou tous leurs amis les ont abandonnées.
Voilà ce que voulait Charlie, une vie de Camille. Mais une Camille en surface ne suffit pas. Quand on n’est pas une vraie Camille ça finit toujours par se voir. Un peu comme la fille en boite de nuit qui marche comme une star du cinéma avec ses talons de 18cm, et qui, passé 1h et trois Gin tonic enchaine les chutes et trébuche à chaque pas en se rattrapant au mobilier lamentablement. Et bien une fausse Camille c’est pareil. Être une fausse Camille c’est épuisant et lorsque l’on baisse sa garde Charlie ressurgit.
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Vue d'ensemble de la finance aujourd'hui

Dans la logique de mon post sur la vulgarisation du marché monétaire, voici une vulgarisation de la finance dans sa globalité. Avant de me lancer dans le vif du sujet, je tiens à clarifier des notions importantes qui pourraient porter à confusion et que je sais que je verrai dans les commentaires. Je vais aussi vous donner un peu mon opinion personnelle pour éviter tout malentendu dans la discussion, sautez cette partie si ça ne vous intéresse pas. Si la modération trouve que c'est trop hors-sujet, libre à elle de supprimer le post.
J’ai entendu vos critiques dans les commentaires, j’avoue que j’ai vraiment trop simplifié certains passages, j’avais peur que le post soit trop long et trop technique, parfois au prix de la précision et de la rigueur, mea culpa. Cette fois-ci j’ai fait le choix de faire une synthèse des différents marchés financiers, qui régissent l’allocation des ressources financières dans notre société. Nombre d’entre vous ont dû entendre parler de certains d’entre eux, peut-être que vous participez à certains. Toutefois, comme dans mon autre post, je tiens à faire une précision importante. Les informations que je vous donne ici sont grandement insuffisantes pour que vous vous lanciez sur ces marchés, sans que cela s’apparente à une soirée au Monte Carlo pour votre portefeuille. Je ne vous incite aucunement à le faire, mon but étant uniquement d’éclairer ce qui se passe sur les marchés financiers, je n’ai aucune participation à quoi que ce soit, je ne suis pas rémunéré et je ne cherche pas à vendre ou à promouvoir quoi que ce soit. Je ne serai pas 100% exhaustif mais je ferai de mon mieux pour éclairer des sujets que vous pouvez parfois rencontrer dans la presse. Encore une fois, les questions et les remarques sont la bienvenue.
Un marché financier est une notion très abstraite somme toute, il s’agît de l’ensemble des acteurs, des informations et des outils qui font que l’offre (d’actifs) et la demande (le capital) se rencontrent. Ce n’est pas à confondre avec une bourse, qui est un lieu physique (et maintenant virtuel) où se rencontrent l’offre et la demande, ou une place financière, qui est une ville qui regroupe un grand nombre de marchés financiers et d’acteurs majeurs. Quand votre tonton vous prête 10k EUR pour que vous lanciez votre site d’e-commerce, ou que vous déposez de l’argent à la banque, vous participez à un marché financier. Au fil de l’histoire, différents outils financiers ont fait leur apparition, parfois graduellement, parfois brusquement sous l’impulsion de génies/fous (souvent des mathématiciens) et ont conféré des propriétés particulières aux marchés financiers. Il s’agît entre autres de la capacité à :
- Investitransférer le capital et les liquidités inutilisés
- Transférer le risque entre participants
- Echanger à l’international
- Eviter qu’il y ait trop de disparités entre les prix dans le marché, et qu’ils suivent (plus ou moins bien) la valeur intrinsèque.
Un marché efficace est par définition un marché qui reflète bien la valeur intrinsèque d'un investissement compte-tenu des informations disponibles. Des inefficacités peuvent surgir de coûts de transaction et/ou de frais d'agence élevés, de la faible liquidité des actifs ou encore à cause de barrières de toutes sortes. A mon humble avis, dans une économie de marché, il est dans l’intérêt public à ce que certains marchés soient efficaces pour que les inégalités économiques ne soient pas amplifiées et que toutes les classes sociales puissent y avoir accès, tant que cela ne se nuit pas indirectement à la société.
Parlons maintenant de prix et de valeur intrinsèque. La valeur intrinsèque d’un actif ou d’un instrument financier est la valeur financière (et parfois non-financière) future qu’il procurera, compte tenu de l’incertitude qu’il y a autour de la capacité de l’actif à réaliser cette valeur à l’avenir. La valeur intrinsèque est subjective car elle dépend de l’acheteur, principalement de son aversion et de sa capacité à encaisser le risque, mais pas que, comme nous allons le voir. Le prix reflète entre autres l’offre et la demande de l’actif, plus précisément les informations qu’ont les acheteurs, leurs biais et les barrières à la transaction, c’est pour cela qu’il peut dévier, parfois fortement, de la valeur intrinsèque. La valeur intrinsèque est fondamentalement impossible à connaître, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de modèles mathématiques ou qualitatifs pour tenter de l’estimer. Ce qu’on appelle un acteur rationnel c’est un participant qui va, compte tenu de son capital, de ses besoins de liquidité, de son horizon d’investissement et de son aversion au risque (qui est une caractéristique rationnelle) acheter les actifs dont le prix est en-dessous de la valeur intrinsèque qu’il leur assigne et vendre ceux dont le prix est au-dessus de cette valeur.
Je ne crois pas qu’il y ait une façon non biaisée de présenter la finance alors je vais vous donner mon biais. Je crois personnellement en la finance comportementale et ce que je vais dire dans ce paragraphe est très controversé et mériterait toute une vie de recherche pour justifier (on peut en reparler dans les commentaires). Il faut savoir qu’il y a des paramètres anthropologiques (psychologiques, sociologiques, culturels, religieux et géographiques) qui viennent affecter les marchés, notamment leur efficacité, et les financiers et les régulateurs peuvent aborder le problème de plusieurs façons. Parfois on va trouver des intermédiaires qui vont faire fi de ces barrières, parfois on va tenter d’anonymiser les participants, parfois on va trouver un moyen de diffuser l’information à tous les participants, parfois on va réguler pour empêcher certains comportements nuisibles ou illégaux, ou bien on va créer des outils ou des stratagèmes pour contourner les barrières sans les effacer. La désintermédiation, la dérèglementation et le décloisonnement, ainsi que la volonté d’atteindre la concurrence pure et parfaite, ne sont pas toujours les meilleurs moyens d’avoir des marchés efficaces. Il faudrait que toutes les barrières socioculturelles, tous les biais psychologiques des participants des marchés disparaissent pour que cela puisse se faire, ce qui n’est évidemment ni souhaitable ni possible.
Le début est un peu technique mais est crucial pour que vous compreniez la suite. Premièrement, je vais vous parler de la notion de marché primaire et de marché secondaire, qui détermine où est transféré le capital et le risque. Deuxièmement, je vais vous parler de l’organisation et de la régulation des marchés. Troisièmement, je vais vous parler de la classification des marchés en fonction des instruments financiers qui s’y échangent et dernièrement je vais vous parler de la classification des marchés en fonction des actifs qui s’y échangent.
A – Les marchés primaires, secondaires, tertiaires et quaternaires.
Le marché primaire est le marché qui fait rencontrer ceux qui vont fournir des actions ou des obligations de leur propre entreprise, des matières premières ou autres actifs, en échange de capital. Quand une entreprise ou un Etat lèvent des fonds ils participent sur ce marché, quand une société d’exploitation de pétrole brut vend ses barils elle y participe aussi. Quand vous prêtez de l’argent à votre pote, ou que vous achetez une maison neuve à un promoteur immobilier vous participez au marché primaire. En général, il s’agît d’un marché désorganisé où des particuliers et des entreprises se rencontrent par leurs propres moyens (bouche à oreille, publicité) et qui est très peu régulé, qu’on appelle gré-à-gré, que j’expliciterai bientôt. Ce marché est relativement risqué et peu transparent, en général votre seul recours juridique est le civil et si votre contrepartie fait faillite vous n’avez aucune garantie de pouvoir récupérer votre dû. Il demande de faire confiance à votre contrepartie, d’être compétent et parfois spécialisé dans ce domaine ainsi que d’être particulièrement critique des informations que l’on vous donne. Quand il est organisé, il s’agît le plus souvent d’une vente aux enchères entre participants agréés.
Le marché secondaire est le marché où les actifs sont revendus entre investisseurs, ici le capital et le risque sont transférés d’un investisseur à un autre. Ce marché a plusieurs fonctions, il permet entre autres aux investisseurs de sortir du marché quand ils en ont envie, de standardiser et regrouper les actifs, d’actualiser le prix des actifs en fonction des événements et de permettre à un plus grand nombre d’investisseurs de détenir certains actifs qui leur serait parfois impossible d’obtenir faute de contacts ou de moyens. Si une action ou une obligation est échangée sur le marché secondaire, cela veut dire que l’entreprise sous-jacente a donné son accord à ce qu’elle renonce à choisir qui détient ses parts ou sa dette (à quelques exceptions près), elle n’est pas affectée directement par la transaction. Le marché secondaire est le plus souvent organisé et régulé, moyennant commission. Il est le plus souvent organisé dans un type d’enchère très particulier qu’on appelle bourse, ou bien d’un marché organisé par un courtier.
Je parle brièvement du marché tertiaire et du marché quaternaire car vous pourrez peut-être en entendre parler, le marché tertiaire est le marché où les courtiers interagissent avec les grosses institutions (souvent des banques) et le marché quaternaire est le marché entre grosses institutions uniquement. Ce sont des marchés gré-à-gré.
B – L’organisation et la régulation des marchés
Le marché le plus basique est le marché gré-à-gré ou over the counter (OTC) en anglais. Comme je l’ai dit plus haut, ce marché n’est pas organisé, il est sans intermédiaires. Pour y participer il faut trouver des contreparties par ses propres moyens, chercher les informations par soi-même et surtout faire confiance à la personne en face, chose qui n’est pas toujours facile. C’est surtout sur ce marché que se manifestent les barrières anthropologiques et les biais psychologiques car il y a peu de moyens de réguler ce qui s’y passe ou d’être sûr des informations que l’on a. Bien évidemment il existe des lois et des garde-fous juridiques ou médiatiques, mais vous êtes libres de rédiger n’importe quel contrat légal sur ce marché. C’est d’ailleurs ici que vous verrez les instruments financiers les plus complexes comme les options exotiques ou les swaps. Sur le marché gré-à-gré on dit que la liquidité est faible, comme vous avez souvent affaire à des actifs uniques (startups, œuvres d’art, options exotiques) que très peu de personnes convoitent, ce qui fait qu’il est coûteux et long de trouver des acheteurs, et ce qui pousse les prix à la hausse.
Je ne vais pas m’attarder dessus car il y a énormément à dire dessus, mais la vente aux enchères est une forme d’organisation des marchés. Vous y trouverez par exemple les obligations souveraines, les œuvres d’art ou bien, lors d’une introduction en bourse d’une entreprise, des actions sont attribuées aux premiers actionnaires via une enchère, ce qui permet de déterminer le prix initial de l’action en bourse. Si cela vous intéresse, regardez les différents types de vente aux enchères comme l’enchère anglaise ou l’enchère néerlandaise. Ici vous avez quelques intermédiaires qui rentrent en jeux comme le commissaire-priseur ou la banque d’investissement pour l’introduction en bourse, qui vont prendre leur commission en échange de la publicité qu’ils fournissent à votre actif et de la facilitation de la transaction – autrement dit de la liquidité. Il est à noter qu’un commissaire-priseur qui tient à sa réputation va exiger certaines contraintes et garanties sur l’actif, ce qui donne un début de régulation au marché financier. Dans le cas d’une introduction en bourse (Initial Public Offering ou IPO), les exigences sont draconiennes, les comptes financiers, les cadres dirigeants de l’entreprise et les actionnaires actuels sont scrutés à la fois par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France, et les analystes financiers.
La bourse est une forme d’enchère très spécifique. Elle rassemble des traders qui travaillent pour des courtiers ou des sociétés de gestion d’actifs et fonctionne avec une enchère dite continue/dirigée par ordres et est chapeautée par l’AMF en France. Les traders donnent des ordres de vente et d’achat – soit ils donnent un prix et achètent ou vendent tout ce qui est à un prix meilleur ou égal, soit ils spécifient une quantité et achètent ou vendent peu importe le prix, il existe aussi des ordres plus complexes où l’on spécifie un prix, une quantité et une date limite, entre autres. La bourse génère des profits en prenant une commission sur chaque ordre et à chaque fois qu’une nouvelle entreprise rentre sur le marché s’il s’agît d’une bouse d’actions. Ici il n’y a pas un prix unique pour un actif, il y a le prix de la demande (ask) et le prix de l’offre (bid) – il faut proposer un prix égal ou supérieur à l’ask pour pouvoir acheter l’actif et un prix inférieur ou égal au bid pour pouvoir le vendre. Un des effets de cette structure de marché (qui peut paraître contre-intuitif pour ceux habitués au marché gré-à-gré) est que plus on veut acheter une grande quantité de l’actif, plus il va falloir proposer un prix élevé, et inversement plus l’on veut en vendre, plus il va falloir baisser son prix. La bourse crée un peu plus de symétrie entre les acheteurs et les vendeurs, ce qui n’existe pas dans le marché gré-à-gré où l’avantage est déterminé largement par le contrôle qu’ont les acheteurs et les vendeurs sur le marché et l’information en circulation. Le rapport de force ne disparaît pas entièrement mais est artificiellement atténué. Cela fait aussi que si beaucoup d’acheteurs et vendeurs sont intéressés par un actif et que beaucoup d’ordres circulent, statistiquement la différence entre le bid et l’ask sera plus faible, c’est pour cela qu’on mesure traditionnellement la liquidité d’un actif en bourse par la différence entre le bid et l’ask, qu’on appelle le « bid-ask spread », par la moyenne du bid et de l’ask. En exigeant une forte transparence, en attirant des analystes financiers, les autorités des marchés et les médias, la bourse est un peu moins risquée que le marché gré-à-gré, permet d’avoir une meilleure idée de la valeur intrinsèque et surtout une bien meilleure liquidité, bien sûr à un prix. Bien sûr, le risque propre aux rendements futurs de l’investissement n’est pas vraiment affecté et jouer en bourse reste relativement risqué, voir même à espérance négative dans le cas du marché des changes. Sans rentrer sans les détails, la bourse permet parfois d’effectuer la vente à découvert (short-selling), c’est quand vous empruntez un actif à quelqu’un qui le détient, moyennant commission, pour le vendre immédiatement, le racheter plus tard (en espérant que les prix ont fortement baissé) et le rendre à son propriétaire après – cette pratique permet dans de nombreux cas d’ajuster des prix trop élevés lorsque pour x ou y raison les détenteurs ne les vendent pas alors que le prix est surélevé. Traditionnellement une bourse se tient dans un lieu physique mais maintenant c’est largement effectué virtuellement.
La dernière structure de marché majeure est le marché organisé par un courtier – souvent une banque d’investissement. Ici le courtier achète une grosse quantité d’actifs sur la bourse en tant que broker et la revend au détail à ses clients en tant que dealer, ses traders sont là pour répondre à la demande des clients au meilleur prix possible et à liquider le surplus. Le courtier peut prendre une commission sur les ordres, fixer son propre bid-ask en fonction de ses stocks disponibles et empocher la différence. Dans certains cas il peut prêter de l’argent à ses clients pour qu’ils achètent ses produits et encaisser les intérêts du prêt ou encore proposer les services d’analystes financiers qui vont faire des recommandations aux clients (a.k.a full service). Ces marchés restent contrôlés par l’AMF en France vu le contrôle qu’a le courtier sur son marché, le but étant que ses prix suivent ceux de la bourse. Le courtier gère son propre risque et met des limites (comme le margin call) pour éviter que ses clients ne fassent faillite – il est perdant si cela se produit, surtout s’il a prêté de l’argent à son client, il a surtout intérêt à ce que son client continue d’effectuer des ordres car c’est comme cela qu’il se rémunère, parfois au détriment du client.
C – marché au comptant, marché à terme et marché dérivé
Le marché au comptant, en anglais « spot » est le marché où les échanges ont lieu en temps direct – si accord il y a, l’actif et le capital sont échangés au moment de la transaction. Sans aucun autre instrument il n’offre pas beaucoup de flexibilité, il ne permet pas de manipuler facilement le risque auquel on s’expose, car en achetant un actif on prend à 100% le risque du sous-jacent et on est totalement soumis aux aléas des prix.
Le marché à terme est un peu différent. Ici on s’engage dans des contrats spécifiques où l’on se met d’accord sur un prix et où l’échange de capital et d’actif s’effectue à une date postérieure, peu importe le prix du marché à ce moment. Le terme utilisé pour dire qu’on rentre dans un contrat à terme est prendre une position. Ici on a un transfert d’une partie du risque de l’acheteur de l’actif (on dit qu’il est en position longue) au vendeur (on dit qu’il est en position courte). En effet, celui en position longue préfère fixer le prix futur et ne pas prendre le risque que les prix baissent et celui en position courte prend le risque d’acheter quelque chose qui en vaudra moins à la date de l’échange. Cela permet à certains investisseurs de couvrir, par exemple, leur risque de change s’ils savent qu’à une certaine date ils voudront échanger une certaine somme de monnaie contre une autre et à d’autres qui ont une plus grande capacité à encaisser le risque de spéculer. Ces contrats ont d’autant plus de valeur que le sous-jacent est volatile. Vu qu’on a vu le marché gré-à-gré et la bourse, je vais parler des différences entre les deux sur le marché à terme. Sur le marché à terme gré-à-gré, les contrats à terme sont appelés « forwards », vous pouvez les personnaliser comme vous voulez, avec vos prix, vos quantités, vous négociez ça. Cependant, si votre contrepartie fait faillite avant l’exécution du contrat, vous n’avez aucun moyen d’effectuer la transaction et vous n’avez aucun moyen de sortir de ce contrat si vous-mêmes vous avez des difficultés à remplir vos obligations. Si vous êtes un agriculteur qui vend sa récolte de l’année prochaine avec ce type de contrat, vous avez intérêt à faire en sorte que vous produisez assez pour l’exécuter ou que vous pouvez acheter ce qui vous manque si vous n’y parvenez pas le jour de la livraison. Sur le marché à terme en bourse c’est un peu différent, ici les prix, les quantités, les obligations contractuelles et modalités de livraison sont fixés à l’avance par l’offre et la demande et ne sont pas négociables, avec ce qu’on appelle les contrats « futures ». L’avantage des futures est que si vous pensez qu’il y a un risque que vous ne puissiez apporter votre partie du contrat (le capital ou l’actif), vous pouvez vous dégager de votre obligation contractuelle en cédant votre position à quelqu’un en capacité de le faire – si vous avez de la chance, plus de participants pourront exécuter votre position maintenant, ce qui normalement devrait rendre votre position attirante et on vous achètera votre contrat. Si au contraire, nombre comme vous ne peuvent exécuter ce contrat (mauvaises récoltes à cause de la météo par exemple), vous aurez du mal à le céder et vous serez peut-être obligé de payer quelqu’un pour qu’il l’exécute à votre place. Par ailleurs, les participants sont obligés d’avoir un apport en capital pour rentrer dans un future et si par hasard votre contrepartie fait faillite, la chambre de compensation (ou clearing house) vous remboursera, ce qui élimine le risque de contrepartie. Autre particularité du contrat à terme, vous pouvez conserver la rente de votre actif tant que la date d’exécution n’est pas venue, mais vous devez toujours payer les frais de stockage, livraison ou autres, ce qui est bien sûr pris en compte dans le prix.
Le marché des dérivés est vraiment là où le risque est transféré et manipulé. Ici on échange ce qu’on appelle des options/warrants, des contrats d’échange (swaps), des pensions livrées (repurchase agreements ou « repo »), les couvertures de défaillance (credit default swaps, CDS) entre autres. N’ayez crainte on va attaquer chacun de ces termes. D’abord, sur le marché des dérivés en bourse on a les options dite « vanilla ». Une option, contrairement à un contrat à terme, donne le droit et non l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif à un moment donné à un prix donné et on effectue une transaction financière pour rentrer dans ce contrat, proportionnelle au risque que transféré d’une partie à l’autre. Le droit d’acheter l’actif est appelé « call » et le droit de le vendre est appelé « put », le prix convenu est appelé « strike price ». Si le jour venu votre strike price est plus intéressante que le prix de l’actif à ce moment-là, on dit que votre option est « in the money » (ITM), si votre option est moins intéressante on dit qu’elle est « out of the money » (OTM) et si elle est aussi intéressante que le prix actuel, on dit qu’elle est « at the money » (ATM). Si votre option vous donne seulement la possibilité d’exercer votre droit à une date donnée, on dit qu’elle est de style européen, si vous pouvez l’exercer à n’importe quel moment jusqu’à la date convenue on dit qu’elle est de style américain. Plus le prix de l’actif sous-jacent est volatile, et plus il est facile d’exercer l’option (par exemple si elle est de style américain), plus il y a de fortes chances que l’option soit in-the-money, plus la valeur de l’option augmente, car le détenteur transmet beaucoup de risque à sa contrepartie. Vous trouverez aussi en bourse de commerce des options sur la météo, pour vous protéger en cas de mauvaises récoltes par exemple. L’intérêt de ces options est qu’elles peuvent facilement créer de gros effets de levier étant donné qu’une option vaut typiquement 2-10% de l’actif sous-jacent, puis comme c’est échangé en bourse on peut s’en débarrasser rapidement si on ne peut pas les exercer faute de moyens ou d’actif. Pour les matheux intrigués je conseille en introduction le modèle de Black-Scholes. Sur le marché gré-à-gré on va retrouver tous les contrats divers et variés susmentionnés. Une warrant est une option non-échangeable émise par une banque en série limitée. Ensuite on a les options exotiques, qui sont tout un tas d’options avec des règles particulières. Pour vous donner des exemples on a des options pour échanger des actifs (pourquoi pas du blé contre une action Google ?), les options style asiatique qui vous donnent le droit d’acheter un actif à son prix moyen sur une période donnée (pour vous protéger de la volatilité) ou les options style parisiennes qu’on ne peut exercer que si le prix du sous-jacent est dans certains clous pendant une certaine période (pour vous protéger de la manipulation des cours). Le swap ou contrat d’échange est quand deux parties se mettent d’accord pour faire plusieurs contrats à terme à répétition, nous allons en voir des exemples plus tard. Je m'attarde un peu sur le repo car c'est très discuté dans les actualités récemment. J'y ai fait référence dans mon post sur la monnaie. Un repo est une transaction spot (actif contre capital) plus un contrat forward pour que l'actif soit racheté à une période future. C'est une façon pour une institution financière d'emprunter de l'argent à une autre (souvent pour une très courte période, parfois 24h), comme la banque centrale, sans que l'autre partie ne prenne quelconque risque, tant est que l'actif échangé soit fiable, comme un bon du trésor. La banque centrale injecte des liquidités temporairement, elles reviennent dans ses coffres le jour suivant. Ce n'est pas comme le Quantitative Easing où l'actif est définitivement acheté par la banque centrale et l'argent est injecté durablement dans le système. La banque centrale fait des repo pour imposer pratiquement par la force les taux qu'elle veut transmettre au reste de l'économie, surtout lorsque les banques commerciales ne se font plus confiance et font grimper leurs taux au-delà des limites définies par la banque centrale. Les couvertures de défaillance servent à rembourser les détenteurs d'obligations lorsque l'entreprise sous-jacente fait défaut (c'est un contrat d'assurance).
Synthèse de l'organisation et de la classification des marchés
D – Les marchés selon les types d’actifs
Le marché monétaire (que j’ai couvert en détail dans mon post précédent) est le marché où les liquidités excédentaires sont prêtées pour une période courte aux entreprises, particuliers ou Etats qui en ont besoin, moyennant une rente nommée intérêt. je vous renvoie à mon post sur le sujet
Le marché de la dette long-terme est là où se financent les participants qui veulent des fonds pour une période supérieure à deux ans, moyennant intérêts. On appelle le marché où s’échange entre investisseurs la dette long-terme le marché obligataire. On a des obligations de différents types en fonction des intérêts versés ou des options attachées à l'obligation. Une obligation a un principal et un coupon (l'intérêt versé périodiquement). Une obligation sans coupon est un zéro-coupon et au lieu de verser un intérêt, on prête initialement une somme au débiteur qui est inférieure au principal qu'il doit rendre à la fin du contrat. Le principal peut être remboursé progressivement comme pour une dette immobilière (amortissement) ou en totalité d'un coup à la fin du contrat (bullet bond). Le coupon peut être à taux fixe ou variable. Si c'est variable ce sera en général le LIBOR + une petite prime de risque/liquidité ou bien une grosse prime - le LIBOR. Comme on peut revendre des obligations sur le marché secondaire, leur prix va varier en fonction du risque que le débiteur fasse défaut et des taux. Si les taux en vigueur aujourd'hui sont meilleurs que celui de votre obligation, sa valeur relative décroît. C'est pour cela que les obligations d'Etat ont un risque de prix sur le marché secondaire et ne sont pas sans risque, le risque de défaut n'est pas le seul risque d'une obligation. Une des propriétés vertueuses des obligations est la convexité, en termes simples, une obligation peut plus facilement prendre de la valeur si les taux baissent, qu'elle ne peut en perdre si les taux augmentent. On trouvera sur le marché des dérivés des couvertures de défaillance (CDS), des repo et des swaps pour échanger des taux fixes contre des taux variables, ainsi que des mortgage-backed-securities (MBS) qui regroupent de nombreux crédits immobiliers d'une banque régionale ou des collateralized-debt-obligations (CDO) qui regroupent des crédits et d'autres instruments financiers pour produire un actif complexe avec un risque personnalisé (souvent très élevé). Ce sont les CDO, les MBS et les CDS qui ont causé la crise de 2008 comme les agences de notation n'ont pas fait leur rôle et ont sous-estimé le risque de ces produits.
Le marché action est le marché où s’échangent les parts des entreprises. Une action représente la valeur résiduelle des profits (ou de la liquidation) d’une entreprise une fois que tous les créanciers (l’Etat compris) sont payés. Certaines actions ont des droits de votes, d’autres non. Elles versent une rente appelée dividendes, qui sont variables en fonction des résultats de l’entreprise ainsi que de ses besoins en capital. Une définition alternative d’une action est une dette à durée indéterminée/illimitée. En bourse on va calculer la valeur intrinsèque de l'action en faisant la somme des dividendes futurs qu'on espère plus le prix de cession espéré divisisés par un taux qui représente le risque de l'investissement et le retour minimum qu'on attend en échange. Alternativement on calcule la valeur liquidative des actifs de l'entreprise moins sa dette si on pense qu'elle va faire faillite. Plus un dividende est éloigné dans le temps, moins il comptera dans la valeur intrinsèque, puis si l'on estime que le risque est élevé, les dividendes lointains ne comptent quasiment pas. Si on pense que le marché est efficace, deux autres méthodes populaires existent, la première est appelée les multiples. En gros on regarde les entreprises comparables et on calcule ler prix divisés par leurs revenus par exemple, puis on multiplie les revenus de l'entreprise qu'on analyse par ces multiples pour avoir une idée de sa valorisation relative. Sinon, on regarde à quel point l'action varie en même temps que le restedu marché. Si l'action varie moins fortement que le marché, on lui donne une valeur plus grande, inversement si elle varie plus fortement on baisse sa valeur car on considère que c'est une action risquée. Hors bourse, il y a plusieurs méthodes. Si l'entreprise est toute nouvelle on va surtout valoriser la compétence des entrepreneurs pour estimer le risque, si l'entreprise gagne déjà de l'argent mais ne verse pas de dividendes on va regarder ses flux de trésorerie et son EBITDA. On classifie les actions en fonction des secteurs industriels, du prix par rapport aux revenus nets, flux de trésorerie et aux dividendes (Value et Growth) ainsi qu'en fonction de leur capitalisation boursière. On trouvera ici nos options, mais aussi des indices boursiers qui font la moyenne des rendements (en terme de prix et de dividendes) d'un groupe d'actions, soit à part égale pour chaque entreprise, soit pondérée par leur capitalisation boursière ou leurs prix par action individuelle. Ces indices sont suivis par des fonds indiciels, qui peuvent être soit des fonds mutuels (achetés en gré-à-gré) ou des ETF (achetés en bourse/courtiers). On trouvera ici nos options, nos warrants, des equity swaps (échange de dividendes par exemple) ou des total return swaps (pour les ETF synthétiques, voir mon post sur le sujet).
On notera que le marché action et le marché obligataire forment le marché dit des capitaux.
Le marché des changes (Foreign Exchange ou tout simplement ForEx en anglais) est le marché qui fait jonction entre les différentes économies et permet de convertir une monnaie en une autre – la monnaie ne verse pas de rente mais est sujette à l’inflation/déflation de l’économie qu’elle représente. L’offre et la demande d’une monnaie est déterminée par l’attractivité de l’économie – si beaucoup d’investisseurs étrangers veulent y investir, la demande pour la monnaie va croître et sa valeur relative va s’apprécier, ou bien si des ressortissants d'un pays veulent renvoyer des liquidités chez eux. Alternativement certaines monnaies sont fixées à d’autres monnaies ou, rarement aujourd’hui, fluctuent en fonction du prix de certaines matières premières et de la quantité d'icelles possédée par la banque centrale par rapport à la demande de la monnaie. Dans le cas des cryptomonnaies, en plus de la demande et l'offre de monnaie, on valorise aussi la qualité des services, la capacité de calcul allouée et coût pour effectuer les transactions. Ici on peut faire des swaps de monnaie, en gros simuler le coût d'un échange de monnaie sans s'échanger réellement la monnaie. Ca permet de couvrir le risque de change sans passer par le marché classique.
Le marché alternatif est composé de plusieurs marchés comme le marché des matières premières (représenté par les bourses de commerce) où s’échangent métaux précieux, l'énergie, le pétrole et blé entre autres, le marché des fonds d’investissement à stratégies alternatives type private equity/venture capital/hedge fund avec des stratégies impossibles à réaliser pour des particuliers seuls, le marché de l’immobilier – où la rente est appelée loyer, le marché des œuvres d’art, du vin et j’en passe et des meilleurs. Sur les matières premières on va aussi trouver des indices de prix (commodity indexes), des futures sur l'or, des options sur la météo et des forwards sur des matières exotiques. L'immobilier est classé en plusieurs catégories comme le résidentiel, le commercial et les bureaux, les actifs peuvent être détenus en direct ou à travers des fonds privés ou cotés.
En résumé
Voilà une synthèse de la finance aujourd'hui. J'ai omis des sujets comme la FinTech car cela sort du propos, mais, tant est que la modération l'accepte, je vais publier une brève histoire de la finance qui comprendra cela. J'ai fait exprès d'aborder certains sujets sans trop les creuser, notamment les bulles financières, car je préfère répondre à des questions précises plutôt que de me lancer dans une explication qui va perdre tout le monde. Je n'ai pas eu le temps de faire tous les graphiques et schémas que je voulais mais si vous en voulez en particulier ce sera avec plaisir. Si vous voulez des sources pour des éléments particuliers hésitez pas, j'ai toute une bibliographie d'articles et de livres. Merci à ceux qui m'ont encouragé à écrire ce post.
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Sur la volatilité et la constitution des prix sur les marchés financiers

Sur la volatilité et la constitution des prix sur les marchés financiers
Qu'est-ce donc que la volatilité des prix ?
Mathématiquement c'est l'écart-type des rendements d'un actif à une fréquence donnée sur une période donnée. D'un point de vue de gestion du risque, la volatilité est une mesure du risque lié à l'achat et la vente d'un actif et dans un marché hypothétique avec une efficacité forte, c'est la mesure de l'intégralité des risques de l'actif. Moins le marché est efficace, moins c'est une bonne mesure du risque et il faut garder à l'esprit que la volatilité passée n'est pas toujours une bonne estimation de la volatilité future.
D'où vient cette volatilité ? Il faut se rappeler que les prix se constituent dans un marché avec une rencontre de l'offre et de la demande. Si il y a une telle corrélation entre les rendements des actions cotées, c'est en partie parce que du côté de la demande ce sont des produits complémentaires pour les acheteurs qui se constituent des portefeuilles. Si l'on prend l'exemple des fonds indiciels ou des fonds de placement qui suivent des industries ou des pays spécifiques, ces fonds vont investir ou se désinvestir en même temps de la bourse en fonction du capital dont ils disposent. Si d'un coup beaucoup de capital est investi ou désinvesti d'ETFs sur l'indice MSCI World, toutes les valeurs de l'indice vont subir le mouvement. Du côté de l'offre, la corrélation provient en partie du fait que les entreprises cotées dépendent plus ou moins fortement des indices macroéconomiques comme la croissance, l'inflation et les taux d'intérêt et de change. Bien évidemment, il y a ensuite de la volatilité idiosyncratique propre à l'actif, qui dans le cas d'une action peut-être liée aux erreurs de management, à l'incertitude lors du lancement d'un nouveau produit ou encore de l'incertitude liée à une fusion-acquisition.
La volatilité liée à un événement ponctuel peut être expliquée rationnellement par une "bataille" entre plusieurs groupes d'investisseurs. Je vais prendre un exemple classique et rajouter progressivement plusieurs couches de complexité.
Une entreprise est sur le point d'annoncer ses résultats après avoir lancé un nouveau produit sur le marché il y a quelques mois. L'entreprise à fait exprès de ne pas faire de déclaration publique sur les ventes et aucun analyste n'a suivi l'opération de près en faisant des enquêtes. Certains investisseurs actifs pensent que ça a marché et que, par conséquent, l'action vaut 120 au lieu de 100 compte-tenu de la valeur actualisée du revenu net généré par ce nouveau produit, on va dire que c'est le groupe A. D'autres investisseurs actifs, le groupe B, pensent que ça cannibalise les ventes du produit phare de l'entreprise et que l'action vaut 90 selon eux. Le groupe A va se mettre à acheter l'action tant que son prix est en-dessous de 120 et tant qu'ils auront des liquidités disponibles à investir sur cette valeur et le groupe B va vendre ou vendre à découvert tant que le prix sera supérieur à 90 et qu'ils auront des actions dont ils seront prêts à se séparer ou des liquidités pour pouvoir vendre à découvert. Jusqu'à l'annonce des résultats, le prix va osciller entre ces deux pôles et va pencher plus ou moins vers l'un ou l'autre en fonction du capital dont dispose chaque groupe d'investisseurs actifs. Concrètement on verra le volume d'échange de l'action grimper fortement.
Il faut cependant noter que, il se peut qu'un investisseur actif sur cette valeur soit incertain et attribue une probabilité pour chaque scénario. S'il est rationnel, il va utiliser des outils comme le critère de Kelly - il peut soit parier qu'une partie de l'argent qu'il était prêt à mettre sur cette valeur ou va couvrir sa position avec des options, par exemple. Tout dépend du coût et des contraintes liées à la vente à découvert et de la disponibilité des options ou des contrats à terme. Si la vente à découvert est interdite ou trop coûteuse, l'investisseur va se rabattre sur les options et si celles-ci n'existent pas sur cette valeur ou sont trop peu liquides, il va se rabattre sur les futures, sauf que les futures coûtent environ quelques dizaines de milliers d'euros par contrat, en général, donc seulement les plus gros investisseurs joueront avec (il faut aussi noter que de nombreux investisseurs actifs sont restreints en terme d'outils par leurs mandats de gestion). Si ceux-ci n'existent pas on se retrouve dans une situation où les bulls (les investisseurs optimistes) vont dominer le marché et le prix sera très proche du pôle le plus élevé avant l'annonce des résultats et aura du mal à redescendre s'il dépasse se seuil. Dans le cas où l'annonce confirme le scénario bearish (pessimiste), le prix chutera subitement et on sera dans un cas où de la volatilité sera générée non pas parce que l'actif était nécessairement très risqué mais à cause des mécanismes de formation de prix. La combinaison de la disponibilité de produits dérivés pas chers, la présence d'analystes buy-side et la communication ouverte de l'entreprise pour ménager les espérances aide à diminuer la volatilité idiosyncratique de l'action. Pour quelqu'un qui détient un ETF, la diminution du risque idiosyncratique augmente la rentabilité de sa position car moins de capital est utilisé pour rééquilibrer de la volatilité inutile et c'est encore plus important pour un ETF à effet de levier.
Ce qu'il faut retirer de ça aussi c'est que la capacité d'un groupe d'investisseurs (réfléchissez à des fonds qui ont la même stratégie) à affecter les prix est proportionnelle au capital dont ils disposent multiplié par la fréquence où ce capital est arbitré. En simplifiant, on peut voir ça comme le volume moyen pendant une période donnée des ordres d'achat et de vente du groupe d'investisseurs. Cela veut dire que même si l'encours des ETF est énorme, le fait que ce soient des fonds généralement très passifs diminue fortement leur capacité à influencer les prix, ce n'est que quand une valeur est ajoutée ou retirée à l'indice ou quand il y a de gros volumes entrant et sortant des ETF que cela est mesurable. Les fonds de couverture qui utilisent du trading à haute fréquence ont quand à eux un impact beaucoup plus important, sur le court-terme du moins, avec moins d'actifs. C'est une raison qui fait que le risque systémique posé par les ETF est relativement faible du moment où des protocoles sont mis en place pour freiner les mouvements de panique et qu'ils ont beaucoup de mal à créer des bulles du moment où il y a assez d'analystes, de produits dérivés et une communication transparente du côté des entreprises pour que les investisseurs actifs puissent absorber la demande des investisseurs passifs.
Il se trouve que le S&P500 est relativement efficace et dispose d'un marché d'options très développé. Pour rappel, un put permet à un détenteur de 100 actions d'une entreprise de ne pas subir d'éventuelles pertes sans vendre ses actions, moyennant une commission et un call permet à quelqu'un qui dispose de liquidités équivalentes au prix de 100 actions de bénéficier d'éventuels gains sans avoir à acheter les actions, moyennant commission. La "commission" est le prix de l'option et celui-ci représente les risques que prend le vendeur de l'option. Plus l'option a une maturité longue et plus l'action sous-jacente est volatile, plus l'option couvre du risque, plus elle a de la valeur. Le call prend de la valeur en cas de hausse du prix et le put en prend en cas de baisse. En connaissant différentes informations sur l'option et l'action sous-jacente on peut déterminer une estimation de sa valeur présente (en actualisant la moyenne pondérée des valeurs futures possibles de l'option par rapport à leur probabilité de réalisation). En partant du principe que le modèle de valorisation est adéquat (ce qui peut être discutable), on attribue l'éventuelle sur-valorisation de l'option à ce qu'on appelle la volatilité implicite. En d'autres termes, la logique est que si les acheteurs d'options sont prêts à payer cher pour ces options, c'est qu'ils s'attendent à une forte volatilité future, d'où l'intérêt d'utiliser le prix des options comme un indicateur de la volatilité future. en prenant en compte les corrélations entre valeurs du S&P500, leur capitalisation boursière cotée (le float) et la volatilité implicite calculée sur les prix de leurs options, il est possible d'avoir une estimation de la volatilité attendue par les investisseurs sur le S&P500, on appelle ça le VIX. Avec tout le contexte que j'ai donné, vous comprendrez pourquoi c'est un indicateur (imparfait) de l'incertitude sur les prix futurs.

En pourcentages 19,12% en moyenne
Il se trouve qu'il existe des futures sur le VIX pour les investisseurs qui veulent couvrir la volatilité de leur position temporairement. Ces futures tentent d'estimer les variations futures du VIX. Si les prix des futures à longue maturité sont au-dessus de ceux des futures à maturité courte alors on dit que le marché à terme est "in contango" et l'on s'attend à ce que la volatilité future augmente. A l'inverse, si les futures à longue maturité sont moins chers que ceux à courte maturité alors on dit que le marché à terme est "in backwardation" et cela veut dire que les investisseurs s'attendent à ce que la volatilité diminue. On ne va jamais le répéter assez mais chercher à investir au bon moment est une stratégie perdante en bourse pour un investisseur passif. Cependant, si vous insistez pour le faire parce que vous voulez jouer avec les informations type coronavirus ou élections américaines, il faut savoir que quand les futures du VIX sont en train de passer à un état de "in contango" à un état de "in backwardation" c'est un indicateur que le S&P500 va probablement perdre de la valeur imminemment et qu'il vaut mieux attendre avant d'investir (VIX Futures as a Market Timing Indicator, Athanasios P. Fassasand Nikolas Hourvouliades, 2019).
Vous pourrez trouver les prix et les maturités des futures du VIX ici

En rouge la différence entre les prix des futures à longue maturité et à maturité courte (pour faire simple, mais c'est plus compliqué)
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Streak 13 : faire le lit

Chaque jour on fait le lit. Après avoir sorti de la douche, je rabatte la quête vers le bas du lit et je pose les taits d'oreiller dessus. Je remet bien le drap, parce que dans la nuit il sort on peu.
J'ouvre la fenêtre et je descends pour le petit-déjeuner. En remontant, on ferme la fenêtre et remet les taits d'oreiller leurs places, puis le couverture.
Et voilà, le lit et fait, mais quand même airer un peu.
Au moment que je change le couverture, j'ai une technique pour remettre la quête dans le nouveau. Je met le couverture à l'invers, et je cherche les coins à l'intérieur. Ensuite, je enfile une main dans chaque et je m'en sers comme gants pour rattraper les coins de la quête. Une fois que j'ai les deux pris, je remou la quête pour qu'elle se retourne dans le bon sens.
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Mega-thread sur "La ligue du lol"

Bonjour,
Je propose de faire un mega-thread pour concentrer en un seul lieu les articles, tweets et discussions autour de l'affaire de la Ligue du lol (merci à u/thefoxinmotion pour son aide). N'hésitez pas à poster les éléments que vous avez. J'essayerais d'updater le post au fur et à mesure pour que ça reste bien lisible.
Pour celleux qui n'ont pas suivi : la "Ligue du lol" était, il y a une dizaine d'années, un groupe composé d'hommes, principalement des journalistes, très en vu sur twitter et qui faisait subir un harcèlement immonde aux femmes, féministes, personnes racisées et LGBT. L'affaire a été ressuscitée il y a quelques jours par un article (au demeurant très critiquable) de Libé, et depuis une discussion émerge sur le sujet sur twitter. Il s'avère que certains des journalistes/rédac chef les plus en vue, dirigeant des journaux "de gauche" soit-disant féministes, font partie d'une clique de harceleurs qui avait entre autre pour habitude de poster des photo-montage porno des femmes harcelées. Soulignons d'ailleurs que cette ascension sociale a probablement été aidée par cette pratique du harcèlement qui 1) permettait de marginaliser ou d'écarter de la profession les femmes victimes et 2) construisait un réseau de connivence et solidarité masculine. Les femmes témoignent de ce qu'elles ont subi et de l'impact dévastateur que ce harcèlement a eu sur leurs parcours pro et leurs vies. Les agresseurs font pour certains de pseudo excuses. On attend toujours les réparations et les licenciements : Mélusine compare très justement ça à l’affaire Meklat, qui s’est fait ostraciser par toute la presse pour bien moins pire.

Dans la presse

Comme les articles à ce sujet commencent à être nombreux, je me permets d'en mettre en avant certains qui me paraissent plus indispensables :
La couverture de Numérama est la plus fouillée : La Ligue du LOL racontée par ses victimes : « Ruiner des carrières et des vies, c’était leur quotidien ». Autre excellent article de Numerama : La Ligue du LOL était aussi une machine à broyer des femmes.
La Ligue du LOL a-t-elle vraiment existé et harcelé des féministes sur les réseaux sociaux ? : l'article initial de Libé, qui donne beaucoup trop largement la parole aux agresseurs et cite certaines femmes qui avaient pourtant refusé de collaborer à l'article. Une critique de cet article a été publiée par Glamour. Article de Telerama façon "making off" sur l'article de libé.
Trois articles revenant sur des faits similaires dans d'autres rédactions : un groupe similaire chez Vice, et un autre chez le Huffington Post, et un autre à l'école de journalisme de Grenoble. Témoignage extrêmement dur d'une des victimes du harcèlement au Huffington Post.
Journalistes, réseaux sociaux et harcèlement : comprendre l’affaire de la Ligue du LOL : article du Monde qui revient notamment assez précisément sur la genèse de l'article de Libé.
Article de Slate (dont le redac chef fait partie des personnes accusées) : Lucile Bellan et son conjoint ont subi les agissements de la Ligue du LOL. Elle raconte son expérience, sa collaboration avec Slate et ses questionnements.
Têtu : « Ligue du LOL » : l’homophobie aussi utilisée comme arme de harcèlement.
Neonmag : Ligue du Lol : « Ils ont été engagés parce qu’ils harcelaient », Valérie Rey-Robert, féministe victime de leur cyber harcèlement
Le nouvel obs : "J'ai changé de plan de carrière à cause de la Ligue du LOL"
Le Point : « La Ligue du LOL met en lumière un sexisme systémique »
Podcast Les Couilles sur la table : "Ligue du LOL : la force du Boys’ Club".
Pourquoi l'affaire de la Ligue du LOL ne sort que maintenant, article d'Aude Lorriaux pour Slate.
La direction de «Libération» était-elle au courant du harcèlement de la «Ligue du LOL» ? : article de Libé.
Couverture plus généraliste de l'affaire :
Arrêts sur Image, Nouvel Obs, RTBF, le JJD, France Info, Ouest France, Europe 1, l'Union, France TV Info, Huffington Post, LCI, France Culture, l'Express, France Inter, Le Monde ; Arrêt sur images, France Inter, Buzzfeed (américain), The Guardian, Le Programme B (podcast), Marianne, BFMTV, 20 minutes, La Nouvelle République, France TV info, La Tribune, Le Figaro, Télérama, Slate, France Info, ASI, Komitid, Le Monde.
(Je pense qu'on va arrêter de suivre les articles de presse sauf s'ils apportent des éléments nouveaux. L'idée à la base était de voir si l'info était reprise : visiblement, elle l'est).

Les témoignages des victimes

Ma ligue du lol, le témoignage de Daria Marx. : "Ils savaient qu’on pleurait. Ils savaient qu’on était touchées. Ils savaient qu’on avait peur. Le Twitter parisien était encore petit à l’époque. Je connaissais des gens qui connaissaient des gens. Les cercles se croisaient. Ils savaient. Ils s’en foutaient. Ils nous détestaient. Ils nous prenaient pour des connes finies. Ils voulaient qu’on disparaisse. Ils savaient."
Florence Porcel témoigne et répond à son harceleur
Témoignage de Mélanie Wanga sur le harcèlement sexiste et raciste qu’elle a subi. Reportage d'AJ+ avec une interview de Mélanie Wanga
Témoignage de Capucine Piot
Témoignage d’une femme qui fréquentait la « ligue du lol »
Témoignage de Nassira El Moaddem qui avait subi le même genre de canular téléphonique que Florence Porcel, Martin Weill et Hugo Clément se sont fait passer pour son patron. Même témoignage, bcp plus détaillé.
Témoignage de Benjamin LeReilly sur le harcèlement homophobe et antiféministe subi. "J’ai, plusieurs années après, reçu régulièrement des pics de la part de membres, ceux-là même qui disent avoir quitté le groupe il y a bien longtemps. Tous, ou presque, mentent."
Témoignage de Iris Gaudin.
Témoignage de Nicolas Catard.
Une lettre de 2010 dénonçant l'attitude des membres de la ligue sur les réseaux sociaux. A noter qu'un des co-redacteurs de la lettre l'avait à l'époque balancée à la ligue, qui s'en était servi pour humilier préventivement les rédacteurices.
Témoignage d'une victime d'un photo montage antisémite, qui publie notamment les excuses qui lui avaient été adressées à l'époque : "Si j'étais antisémite je te le dirais, je suis libre de l'être de toute manière"
Témoignage de Christophe Ramel : "C’est ce travail de sape qui fait que j’ai lâché mon blog, et mon job. Les gens autour de moi n’ont jamais compris pourquoi « je les laissais gagner » et moi je n’ai jamais compris pourquoi ils ne comprenaient pas."
Témoignage de Lâm Hua, également victime de ce harcèlement, et qui épingle notamment l'hypocrisie et le nombrilisme des "excuses" données.
Témoignage sur Baptiste Fluzin qui avait refusé de retirer un montage porno malgré les demandes des victimes. Autre témoignage à son sujet. Encore un.
Témoignage de Cyprien : "Je connais très bien tous les noms cités puisqu’ils m’ont aussi ciblé dans leur ligue des sociopathes. Merci du témoignage."
Témoignage de Korben
Témoignage vidéo de quatre victimes pour France Info.
Témoignage de Martin Médus
Quelqu'un sur twitter fait remarquer que Agathe Auproux aurait fait partie de ce groupe. En cherchant un peu, je trouve ce tweet de Arnaud Pessey expliquant qu'il a failli être pris pour cible, avant que Agathe Auproux ne leur dise d'arrêter car c'était un pote. Son compte twitter actuel est presque vide (impossible de dire depuis quand), mais elle était connue à l'époque sous le pseudo @agaterie (suspendu depuis). On peut voir qu'en effet elle avait des liens avec certains membres, par exemple ici Vincent Glad, là David Doucet, ou encore Alexandre Hervaud. A son sujet, nous recevons beaucoup d'informations indiquant ses liens personnels avec de nombreuses personnes impliquées, mais jusqu'ici rien de bien concret sur de potentiels agissements - pas même pas des accusations précises. Nous avons déjà inclus une partie de ces informations, suffisamment pour voir que ces liens existent, ainsi que le fait qu'elle ait été dénoncée. Nous pensons qu'accumuler des éléments indiquant ses relations avec les membres de la ligue ne prouverait rien qui ne l'ait déjà été et par conséquent ne ferait qu'alourdir ce dossier déjà difficile à suivre.
Témoignage de Daphné Burki, qui a reçu des menaces de mort et que Vincent Glad a convaincue de ne pas porter plainte car "ça ne sert à rien, se faire troller, c'est la règle".
Vidéo de Brut dans laquelle Lea Lejeune et Florence Porcel témoignent.
Vidéo Loopsider, témoignage de Lucile Bellan et Aïcha Kottman.
Témoignage de Léa Lejeune dans Slate
Dans Elle, témoignage d'une femme qui fréquentait la ligue du lol à l'époque, y compris irl. (CW : violences sexuelles).
Témoignages de Kenza Sadoun El Galoui et Laurence Guenoun dans un article de Terra Femina.
Témoignage de Louise dans Marie-Claire.

« Excuses » des agresseurs

Pseudo-excuses de Vincent Glad à celles qui « ont pu se sentir harcelées ». Deuxième tentative pour présenter ses excuses (apparemment la notion de "patriarcat" a été inventée circa 2010).
«Ligue du LOL»: Le journaliste Vincent Glad reconnaît qu'il était l'une des «6 ou 7 personnes» derrière le compte Twitter @Foutlamerde.
Tweet hallucinant d’Alexandre Hervaud sur ses « saillies ricaneuses » . Un peu plus tard, il essaye de rattraper le coup. Tweet récent de lui où il se plaint des "gens qui chouinent encore 8 ans après" face à ses violences sur twitter.
Tweet d’ « excuses » de David Doucey, aujourd’hui rédac chef des Inrocks, ça mange pas de pain de dire ça, on attend les actions concrètes.
Témoignage défendant David Doucet
Encore des excuses de qualité : "J'adorais déjà le stand-up, et frustré de ne pas le pratiquer, je tuais mes envies de blagues sur les réseaux".
Les excuses de Henry Michel sur facebook, un thread twitter de lui aussi.
Explications d'Olivier Tesquet (Télérama).
Sylvain Paley : "J'ai clairement des montées d'angoisse et la boule au ventre de ce que je lis, de ce qu'ont vécu les victimes et de voir mon nom associé à ça."
Baptiste Fluzin.
Coupable de cyberharcèlements groupés : l'auteur revient sur ses agissements à la période concernée.
Encore des excuses d'un "témoin passif" qui n'a rien fait promis.
Un autre qui n'a rien fait au fond! : vadimplt
Excuses de Renaud, "ClaudeLoup", screens.
Excuses de MVCDLM.
Excuses de Stephen des Aulnois, qui se retire de son poste de rédacteur en chef chez Le Tag Parfait.
Christophe Carron
Le compte anonyme langue de pute présente des ""excuses"".
En parallèle, tout ce beau monde fait un grand ménage dans ses comptes twitter.
En fait on dirait bien qu'on a affaire à un groupe de male bumbler dans son élément naturel : la mauvaise foi. Des mecs censés être à la pointe des questions numériques, et écrivant sur le cyberharcèlement, qui n'ont juste pas remarqué qu'ils harcelaient des gens. Franchement si on prend à la lettre leurs excuses, on devrait a minima les virer pour incompétence, du coup.
The world baffles the bumbler. He's astonished to discover that he had power over anyone at all, let alone that he was perceived as using it. What power? he says. Who, me?

Screens et documents

Liste ayant circulé sur twitter des membres de la « Ligue du Lol », citée notamment par Daria Marx.
Screens des merdes qu'a dit la ligue du LOL. Intéressant de voir ce que dit Vincent Glad qui était en fait plutôt le meneur qu'un type qui a juste créé "un groupe facebook" et qui ne savait pas ce qui s'y passait, comme il l'explique.
Screens d'un raid anti-fem de Darkinhos.
Compte twitter qui aurait appartenu à Vincent Glad, ou en tout cas à la Ligue. Un autre compte (peut-être) de la ligue. Compilation de tweets de ce compte en un screenshot.
Screen d'un tweet de Valette contenant un appel au viol.
Un compte important que salue la ligue du lol, "brillants dans leur méchanceté". Ce même compte tient des propos immondes sur le viol et a participé à l'humiliation des victimes pendant #LaLettre.
Article écrit par Vincent Glad sur le procès des cyberharceleur de Nadia Daam.
Une page wikipédia à été crée.
Une autre compilation d'archives et réactions
Photo d'une main courante déposée contre Emery Dolige pour harcèlement. Celui-ci retweete les messages compatissants envers les victimes.
Article de 2011, Les journalistes français sur Twitter vus comme un graphe. Article de 20 minutes sur twitter à l'époque.
Un des montages porno (NSFW, CW) envoyés par la ligue du lol. Un autre antisémite lui. Les deux ont été partagés par Laurence Guenoum.
Screens du compte Jesuisun_blog.
Extrait de l'émission Studio 404, avec Sylvain Paley (oct 2014) : les intervenants mentionnent la "Ligue du Lol" et ont l'air de savoir exactement de quoi il retourne.
La ligue du lol, un acharnement volontiers antisémite : article de l'Expresse revenant sur les éléments antisémites du harcèlement.
VIDEO. Quand un membre de la "Ligue du LOL" racontait ses canulars à la télévision. (David Doucet)
Article de Sylvain Paley décrivant l'ambiance sur twitter autour de 2009.

Réactions

LibéDésintox qui couvre encore les journalistes impliqués. Pour combien de temps ?
Nadia Daam qui avait quitté Twitter après un harcèlement immonde du forum JV revient pour en parler.
Analyse de Valérie Rey-Robert (aka Crêpe Georgette) ainsi qu'un article sur son site.
Réaction de Marlène Schiappa.
Réaction de Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique.
Réaction et analyse d'Amandine Gay.
"Ligue du LOL" : "La carrière des hommes se construit souvent au détriment de celle des femmes", dénonce un collectif de femmes journalistes.
Les excuses et les "excuses" #LigueduLol : article de Caroline de Haas.
Ligue du Lol : Libération décide la mise à pied d'Alexandre Hervaud à titre conservatoire.
Nouvelles écoutes coupe les ponts avec Guilhem Maïssen suite aux révélations
Brain Magazine met fin à sa collaboration avec Vincent Glad
Aux «Inrocks», David Doucet (@mancioday) a été mis à pied à titre conservatoire. Une procédure de licenciement pour faute grave a été engagée
Renaud Loubert-Aledo, alias ClaudeLoup sur Twitter, qui travaille chez Publicis Consultants depuis 2011, en tant que "strategist", a été mis à pied à titre conservatoire.
Mise à pied de Guillaume Ledit chez Usbek & Rica.
Communiqué de la société Qualiter annonçant la démission de Sylvain Paley et l'arrêt de l'émission Studio 404.
La mairie de Paris a convoqué deux de ses employés soupçonnés d'appartenir à la "Ligue du LOL"
Libération : «Ligue du LOL» et conséquences, un edito de Laurent Joffrin
Sur Facebook : Nos années “lol”, un texte de Samuel Laurent
"Ligue du LOL" : "On observe les mêmes choses que dans tous les autres milieux", selon la Fondation des femmes.
Journaliste jeu vidéo article d'une femme relatant ses expériences du cyberharcèlement dans le milieu des gamers.

A propos de #LaLettre

Un épisode de 2010 lié à cette affaire : une partie des personnes harcelées avait décidé d'écrire une lettre aux employeurs des harceleurs, afin qu'ils fassent pression sur eux pour cesser leurs agissement. Mais un des co-redacteurs de la lettre l'avait à l'époque balancée à la ligue, et cette lettre était devenue le prétexte d'un harcèlement redoublé. L'épisode paraît important, en ce qu'il illustre plusieurs choses.
La lettre en question dénonçant l'attitude des membres de la ligue sur les réseaux sociaux.

Autres discussions

Lien vers la première discussion sur ce sujet sur le sub.
PS : un grand merci à toustes celleux qui ont contribué à nourrir ce post, on continue à l'updater. Comme ça faisait beaucoup de boulot pour moi seule, on est désormais deux à updater le post, j'ai confié les codes de mon compte a une amie.
submitted by AnonymousPachyderm to Feminisme [link] [comments]

Classes d'actifs alternatives - chapitre 1 : Private Equity & Venture Capital, une brève histoire de la vie d'une entreprise

Bonjour à tous et à toutes.
J'ai décidé de faire une série de posts sur les classes d'actifs alternatives majeures. Elles sont recherchées pour leur faible corrélation des rendements par rapport aux classes d'actifs traditionnelles qui sont, je le rappelle, le marché monétaire, le marché obligataire et le marché action coté en bourse. Ils s'agît de catégories d'actifs spéciales qui ne sont typiquement pas recommandées à la plupart des utilisateurs sur ce sub et ce à mon avis pour plusieurs bonnes raisons : elles sont parfois peu liquides, demandent souvent un capital initial important et plus de travail et/ou de spécialisation de la part de l'investisseur ou du gestionnaire, si ce n'est carrément des stratégies très complexes et risquées pour dégager un rendement positif. Dans l'ordre je vais traiter :
1 - Private Equity (capital-investissement) & Venture Capital (capital-risque)
2 - Derivatives (produits financiers dérivés) & Hedge Funds (fonds de couverture/alternatifs)
3 - Commodities (matières premières/biens de consommation) & Collectibles (Art/vin/objets rares)
4 - Real Estate (immobilier)
5 - Foreign Exchange (marché des changes) & Crypto-actifs
Tant que je suis dans l'avant propos, je tiens à rappeler de ne prendre aucune décision d'investissement à partir de ce que je viens d'écrire, je ne prends pas la responsabilité pour ce que vous faites de votre argent. Je ne suis pas rémunéré pour écrire et publier cela ici, j'écris cela à titre informatif, pas pour vous inciter à remplir vos portefeuilles avec ces actifs. Je ne suis pas expert dans ces domaines. J'ai une assez bonne idée de comment fonctionnent la plupart de ces actifs grâce à ma formation assez généraliste et mes expériences passées mais je n'en détient pas personnellement.
En premier temps je vais parler un peu du financement des entreprises, dans un second temps je vais faire un zoom sur le capital-risque, dans un troisième temps je vais parler du capital-investissement en général et de l'évaluation de la performance d'un fonds.

Sur la naissance et la nature des entreprises

Pour faire très simple, une entreprise c'est une combinaison de capital humain, de capital productif et de capital technologique, dans des proportions diverses, qui interagissent dans un écosystème de parties prenantes qui fournissent ce capital. Salariat, patronat, actionnariat, Etat, créanciers, clients, fournisseurs, universités... Commençons par les bases.
Les investisseurs peuvent être mis dans deux catégories : les créanciers et les actionnaires. La différence est que le créancier attend que le principal qu'il prête soit remboursé, éventuellement avec intérêt, alors que l'actionnaire achète une dette perpétuelle lui donnant un droit sur les revenus résiduels des opérations ou de la liquidation de l'entreprise et la plupart du temps une part de contrôle sur les décisions prises pas le conseil d'administration.
Depuis la compagnie néerlandaise des Indes Orientales, l'actionnariat est séparable de la gestion de l'entreprise, ce qui permet aux entreprises d'accroître leurs capitaux propres via des sources externes, lorsqu'il leur est impossible ou désavantageux de se financer auprès de créanciers, aux investisseurs de diversifier leurs investissements et de limiter leurs pertes ainsi que de créer des marchés secondaires pour les actions (pouvoir les revendre à des tiers). La tension majeure à ce niveau dans l'entreprise est donc entre les actionnaires qui veulent une maximisation de la valeur ajoutée, le patronat qui cherche à accroître ses revenus et réaliser ses projets, et, dans une moindre mesure, les créanciers qui veulent que l'entreprise soit viable et rembourse ses créances à temps.
Un entrepreneur qui veut démarrer aujourd'hui a seulement quelques sources de capital qui lui sont disponible. En dehors de ses propres fonds, il peut demandeemprunter de l'argent à sa famille et ses amis, puis il peut aller à la banque qui ne va lui donner qu'un prêt à la hauteur des fonds dont il dispose déjà. A ce moment là, il ne lui reste que très peu d'options. Dans certaines circonstances l'Etat peut l'aider directement ou indirectement, mais si son projet requiert du temps et du capital avant de mûrir, il va falloir que l'entreprise émette de nouvelles actions pour lever de l'argent, ce qui implique diluer son contrôle et une partie des revendications sur des éventuels dividendes ou cessions de parts futurs.
Cela pose souvent problème, étant donné que les humains sont des être irrationnels qui sont biaisés et qui ont des attaches émotionnelles avec leurs projets, souvent allant à l'encontre de la réalisation de ces projets. Pour justifier ce financement et ce délai avec tout le risque que cela comprend pour un investisseur qui achèterait ces actions nouvellement émises, il faut que le projet ait un fort potentiel de croissance, qu'on ne retrouve aujourd'hui pratiquement que dans les entreprises innovantes.

Le capital-risque, un ballet pas si mal chorégraphié

Le Private Equity (PE) se spécialise dans le financement, l'achat, la revente et la gestion d'entreprises sur les marchés privés ainsi que pour les entrées et sorties de bourse. La branche qui se spécialise dans le financement des nouvelles entreprises à fort potentiel de croissance est le Venture Capital (VC). Les fonds de VC ont des stratégies et des objectifs très différents des autres types de fonds de PE - ils veulent des entreprises à fort potentiel (very high risk, very high reward), ils sont à la quête d'une licorne et sont prêts à essuyer 10 échecs pour 1 succès, alors que les fonds de PE classiques cherchent des entreprises qui ont des revenus stables et importants pour des raisons que l'on verra plus tard. Le capital-risque investit l'argent dans l'entreprise dans des nouvelles parts (marché primaire) alors que le capital-acquisition achète des parts existantes (marché secondaire).
Revenons à notre entrepreneur. Il a une idée, maintenant il doit montrer qu'elle est potentiellement viable mais ne dispose de pas assez de fonds. Cette première levée de fonds s'appelle le seed round ou capital-amorçage. L'argent peut venir d'angel investors (des personnes aisées ou des institutionnels qui peuvent se permettre de perdre de l'argent pour lancer des projets), d'incubateurs d'entreprises ou de plateformes d'equity crowdfunding/crowdlending par exemple.
Si il est repéré par un fonds de VC, alors il y a des chances qu'il soit entraîné dans le mécanisme très particulier du capital-création. Quand l'entreprise veut commencer à manufacturecréer ses premiers produits alors c'est là que rentrent ces fonds, dans ce qu'on appelle le round A - à partir d'ici le VC va offrir son réseau et ses conseils en plus de son capital. Une fois qu'il est démontré que l'entreprise a un marché et qu'elle peut lui vendre son produit, les rounds B, C, D... servent à financer l'entreprise jusqu'à ce qu'elle devienne rentable. Une fois que l'entreprise est rentable alors de l'argent est injecté pour que l'entreprise atteigne son marché potentiel théorique dans ce qu'on appelle le financement par de la dette mezzanine. Il s'agît d'une structure de financement dans laquelle on mélange des dettes à haut taux d'intérêt (600-800 points de spreads par rapport au LIBOR), avec de la dette convertible (des obligations convertibles en actions) et d'autres instruments de dette coûteux, dans l'espoir que l'entreprise grandira à très grande vitesse pour atteindre sa taille optimale, tout en étant capable de rembourser ses dettes.
En général la valeur ajoutée de ces fonds est leur capacité à restructurer les entreprises par des experts dans leurs industries, leur capacité à obtenir de la dette pas chère, à optimiser sa fiscalité, traiter avec les syndicats, créer des produits financier dérivés pour couvrir certains risques, d'empêcher le patronat des entreprises acquises de prendre des décisions trop risquées (notamment avec les restrictions contractuelles dans les instruments de dette) et d'aligner les intérêts du patronat avec ceux de l'actionnariat en obligeant le patronat d'avoir des objectifs plus long-terme ou en le récompensant pour certaines performances.
A partir de là, plusieurs options s'offrent aux VC. La voie royale est de lancer l'entreprise en bourse (IPO) si elle a atteint une certaine maturité (et qu'elle n'a plus assez de potentiel de croissance à exploiter).
John Cochrane (un économiste spécialisé en asset princing) a estimé qu'un VC qui achète des parts d'une entreprise dans un round A et qui parvient à la revendre en bourse via IPO a un retour sur l'investissement moyen d'environ 700%. Si l'on corrige ça pour tous les investissements ratés ou qui sortent autrement, on a un rendement moyen de 53% avec un écart-type de près de 100%, ce qui veut dire que c'est un business extrêmement risqué. Le retour sur l'investissement et le risque diminuent fortement plus les VC investissent dans des round de financement tardifs. Ce sont des investissements avec de très gros alphas et de petits bêtas (voir mon post sur la théorie de portefeuille moderne), donc très peu de corrélation au marché. Selon Cochrane cela s'explique comme étant une prime pour le manque de liquidité des investissements, l'impossibilité pour le VC de diversifier adéquatement son portefeuille d'entreprise à cause du degré de spécialisation requis et enfin pour toutes les autres ressources non-financières investies pour en arriver à une IPO. Il est à noter que les IPO n'ont lieu que quand les marchés publics sont stables et optimistes, donc une dépendance à la bourse existe.
Les autres sorties possibles sont par ordre de rentabilité les LBO, quand un autre fonds de PE ou un concurrent rachète les actions et la dette financière existante de l'entreprise avec un mix de capitaux propres et de dette, ce qui n'est possible que si l'entreprise peut générer beaucoup de flux de trésorerie pour financer la nouvelle dette, généralement avec une importante restructuration de l'entreprise et une réorientation de sa stratégie. Ensuite vient le MBO est un type particulier de LBO, où le patronat de l'entreprise et parfois le salariat rachètent l'entreprise eux-mêmes avec de la dette, généralement à bon prix et en s'aidant d'autres fonds de PE. Dernièrement, la liquidation, quand le fonds de PE n'a plus d'autre choix, ce qui est assez rare.

Le capital-investissement sous le capot

Les General Partners (GP) gèrent le fonds et apportent leur propre capital. Ils sont rémunérés via différentes façons que nous verrons. Les Limited Partners (LP) promettent d'engager une certaine somme d'argent sur une période de 4-5 ans que le fonds peut appeler quand il veut par tranches (en général pour financer une opération) puis sont remboursés au bout de 10 ans en général (parfois avec une extension de 2 ans possible), avec les intérêts nets de frais de gestion proportionnellement à la somme investie, leur ticket d'entrée pouvant aller de 50 000 euros à quelques millions selon la taille du fonds. C'est cette structure actionnariale qui fait que ces fonds ont des stratégies buy-and-sell (acheter puis revendre) plutôt que buy-and-hold (acheter et récupérer les dividendes) et qui détermine comment les entreprises qu'ils gèrent vont se développer.
Le management du fonds se rémunère de façons suivantes : Les frais de gestion sur le capital engagé par les actionnaires (1,5-2,5% par an), les frais de performance lors de d'acquisitions et de cessions favorables et les intérêts de parts qu'ils possèdent (20-30% des plus-values avec parfois un "hurdle rate", un retour sur l'investissement minimum requis par les LP) et les d'éventuels mécanismes de "ratchet" quand les GP atteignent un objectif de performance défini et gagnent des actions ou des options du fonds gratuites. Il est très important pour un investisseur potentiel d'étudier ces termes. Par exemple, un hurdle rate élevé va inciter le management à obtenir de grosses plus-values par tous les moyens, mais va se transformer en des frais de gestion souvent plus élevés. Aussi les GP peuvent soit se rémunérer sur chaque cession qui crée une plus-value (deal-by-deal basis), ce qui est plus favorable pour les GP, soit sur la rentabilité générale du fonds (total return), ce qui est nettement plus favorable pour les LP.
Les questions de gouvernance sont aussi importantes. Parfois les LP décident que certains membres du management ont des droits de veto sur les opérations, si la performance financière du fonds est confidentielle ou non, que faire s'il y a du capital en excès lors de la liquidation du fonds, le timing de la distribution des intérêts aux GP (à chaque cession rentable ou bien à partir du moment où le fonds a atteint son objectif de performance), comment les gestionnaires peuvent être révoqués (majorité absolue, super-majorité des LP ou des clauses spéciales pour négligence), les restrictions sur les investissements possible (secteurs, lieux), l'effet de levier maximal autorisé et le co-investissement (possibilité d'investir en même temps que le fonds avec du capital supplémentaire lors de certains deals pour les LP).
Ce qu'on va chercher c'est de la performance systématiquement bonne sur plusieurs années et la liquidité des investissements actuels.
La performance est traditionnellement présentée ainsi
PIC/DPI/RVPI/TVPI net de frais de gestion et des intérêts touchés par les GP
PIC = capital employé / capital engagé
DPI = capital distribué / capital employé
RVPI = gains de plus-value mobilière non-réalisée / capital employé
TVPI = DPI + RVPI
Avec le traditionnel IRR brut et net (qui je rappelle est le taux d'intérêt qui fait que la somme des discounted cash flows est égale à zéro, autrement dit le retour sur l'investissement annualisé). Il est à noter que l'IRR d'un fonds qui ne réinvestit pas tout son cash est une mesure trompeuse, car l'IRR présuppose que tout le cash que perçoit le fonds est réinvesti dans le projet, alors que dans la réalité ce n'est pas du tout le cas, en général dès qu'un fonds de PE a du cash en trop il le reverse aux actionnaires du fonds. Ne vous servez pas uniquement de l'IRR pour estimer la rentabilité d'un fonds de PE, les autres mesures sont justement là pour ça.
Je tiens à rappeler que ces fonds sont des investissement assez risqués, peu diversifiés, peu liquides et complexes qui font que ce n'est recommandé que pour ceux qui ont déjà un portefeuille diversifié, qui ont une centaine de milliers d'euros à mettre de côté pendant 10 ans et qui peuvent se permettre de prendre une bonne dose de risque.
submitted by Tryrshaugh to vosfinances [link] [comments]

La gestion du risque de change - Regards d'experts gestion du risque de change Couvrir un risque de change - YouTube Comment se prémunir contre les fluctuations de change et les dévaluations Les stratégies de couverture

La couverture de change est la protection qui couvre le risque de change. Elle permet à l'entreprise exportatrice de se protéger contre les fluctuations des taux de change entre deux monnaies. Le principe de base de la couverture de change est, pour ainsi dire, de "verrouiller le taux de change". Une stratégie de couverture équivalente pour risques de change sur les marchés des produits de base, peut être atteint grâce à des opérations à terme. Swaps de devises Les swaps de devises sont l’échange transaction qui ont lieu en temps réel, à savoir, une chose est échangé immédiatement pour une autre, sans aucune défaillance ... Couverture de change. Contrat ferme entre la banque et son client, qui permet au client de figer, au moment de la conclusion de l’opération, le cours de change d’une devise contre une autre, à une date future pour un montant défini. La couverture des risques de change ce sont des techniques financières utilisées souvent par les entreprises ayant des opérations à l'international, afin de se prémunir contre l'effet de change. Ces instruments de couvertures permettent notamment de se protéger contre un mouvement défavorable de la devise sur les revenus et les dépenses ... La couverture du risque de change aide les entreprises à se protéger contre les fluctuations des taux de change (taux qui déterminent les valeurs relatives des différentes devises).. Pour couvrir les devises, une entreprise s’engage dans un «contrat à terme» avec un courtier en valeurs mobilières pour vendre une quantité précise d’une devise particulière à une date ultérieure ...

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La gestion du risque de change - Regards d'experts

Exposé économie sur le risque de change et les stratégies d'implantations des entreprises - Duration: 8:57. julia laisne 2,202 views. 8:57. Notions de base du régime de change ... Une video du blog http://www.vosbesoinsinformatiques.com Voici comment changer la photo de couverture sur votre profil ou votre page facebook. - Les instruments financiers à disposition des entreprises sont-ils suffisants pour venir à bout de risque comme celui né de la fluctuation des taux de chang... Exportateurs ou Importateurs, ne laissez pas les fluctuations de change dégrader votre marge commerciale mais transformez les en opportunités ! La gestion du risque de devises doit faire partie ... - Se familiariser avec les différentes techniques de couverture du risque de change - Comprendre les avantages des swaps et des options. Category Education; Show more Show less.

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